LES MEMBRES DE LA PROPOSITION SIMPLE
14. Deux OU plusieurs propositions réunies en une phrase et ayant un membre commun peuvent se fondre en une seule, le terme commun n'étant exprimé qu'une fois ; il y a alors contractiùn de la phrase (§ 6).
En pareil cas, si les propositions conservent chacune leur verbe, elles restent distinctes, quoique unies, et la plirase forme réellement une proposition composée : Le malheur e^npire les mauvais caractères et (le malheur) améliore les bons.
Mais les propositions unies ainsi par un terme commun n'en forment qu'une quand elles n'ont ensemble qu'un seul verbe, c'est-à-dire une seule affirmation ; la phrase est alors considérée comme une proposition simple que l'on appelle propositiofi complexe : Le soleil et la lun^ brillent (= le soleil brille et la lune briUe).
De là il résulte que la proposition peut être complexe par chacun de ses membres, sauf par le verbe :
a) Le sujet est complexe : La paresse et la pauvreté sotd sœurs jumelles, La pourpre, Tor, le cristal ^incdaient de toutes parts (^Ch.).
b) Le prédicat (adjectif) est complexe : La jujube est pectorale et apéritive.
c) L'objet (complément ou circonstanciel) est complexe : Les hypocrites font de la détxjlion métier et marchandise. La canne à sucre prospère en Asie et en Amérique. Le sage est ménager du temps et des paroles (La F. VIII, 2G).
d) L'attribut est complexe: Sans la culture il n'y aurait pas de climats salubres et agréables.
Il ne faut pas confondre Tellipse avec la contraction. Ainsi les phrases suivantes restent composées malgré Tellipse du verbe: On a toujours raisoiiy le Destin (a) toujours tort (La F. Vil, 14>. Le crime fait la honte, et non pas Véchafaud (Corn.). Le brave ne se connaît qu'à la guerre y le sage dans la colère, et l'ami dans le besoin.
15. he pléonasme est le contraire de l'ellipse et consiste dans l'emploi de mots qui paraissent superflus pour le sens, mais qui peuvent donner à la phrase plus de grâce ou plus d'énergie : Je l'ai entendu de mes propres oreilles. Mais enfin je Vai rw, vu de mes yeux, vox^s dis'je(LR F. IX, 1). Le pléonasme est vicieux quand il n'ajoute rien à la force du discours, par exemple : On a p'w des engagements réciproques de part et d'autre. Il n'a seulement qu'd se montrer. Il est possible qufil puisse venir. Il le traita toujours arev une doui'eur qui ne se démentit jamais (St-Lambert).