‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 233 sur 409 · CONCORDANCE ET DÉPENDANCE DEB MOTS · texte numérisé non relu

CONCORDANCE ET DÉPENDANCE DEB MOTS

On dit très bien : H est tombé en bas 0). Je monte en haut. Je descends en l)a8(Ac.); si ce sont là des pléonasmes, ils sont parfaitement autorisés par Tusage.

Article III. — Concordance et dépendance des mots.

1. Le prédicat se lie au sujet et les deux idées forment une pensée dont l'expression est une proposition : La inmson est 2)etife. Les membres accessoires de la proposition se lient de même aux membres essentiels dont ils déterminent la signification, de telle sorte que le verbe avec son objet et le substantif avec son attribut n'expriment qu'une seule et même idée, soit l'idée d'une actimi (verbe) : Le soleil darde ses rayons (= rayonne) , soit l'idée d'une personne ou d'une chose (substantif) : J'ai une petite maison (= une maisonnette).

Les rapports qui lient entre eux les mots et les membres de la proposition peuvent se réduii'e à deux espèces générales, savoir le rapport ^'identité et le rapport de différence ou de dépendance : le rapport d'identité soumet les mots aux lois de la concordance^ et celui de dépendance les assujettit à celles du régime ou de la redion. Ces deux espèces de lois décident les formes accidentelles des mots, c'est-à-dire les différentes flexions dont ils sont susceptibles quant aux cas, aux nombres, aux genres, aux personnes, aux temps et aux modes.

2. L'unité de l'être et de l'action ou l'affiimation se marque dans la langue, non pas par une flexion paii:iculière, mais par la concordance ou l'unité de forme : le verbe exprime par sa flexion le rapport de personne du sujet, c'est pourquoi l'on dit qu'il s'accorde avec son sujet, et cette concordance est le rapport fondamental de la proposition. Elle exprime, en effet, non seulement le rapport personnel proprement dit, mais encore le nombre et même le genre, si l'attribut est un adjectif. Mais la flexion verbale marque de plus le rapport de temps de l'action et le ynode de renonciation, de sorte que la conjugaison doit être considérée comme l'expression nécessaire du rapport prédicatif, et le verbe comme la forme propre du prédicat : Lea enfants pleuraient (§ 97).

L'unité de l'être et de l'activité s'exprime aussi dans le rapport de l'adjectif au substantif (rapport attributif) par la con-

(1) Je sais qu'il y aura des niais qui se récrieront contre cette expression, et vous demanderont d'un air malin : Est-ce (jfu'on peut tomber en haut ? Us ne songent pas qu'on peut tomber sans tomber en bas (Léger iHoèl, Gr. franc. II, 1Ô2).

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