PARFAIT
certaine époque, le prétérit marque le passage d'un état A un autre et fait faire au récit un mouvement en avant ; l'impar&it exprime simultanéité, le prétérit succession. (^) Ainsi, dans l'exemple suivant, où J.-J. Rousseau raconte comment il coucha une nuit à la belle étoile, les faits successifs, qui sont la partie essentielle de la nan*ation, sont marqués par le prétérit, et les faits simultanés ou accessoires par V imparfait:
'( .... Absorbe^ dans ma deuce rêverie, je prolongeai fort avant dans la nuit ma promenade sans m'apercevoir que l'étais là : je m en aperçut entin. Je me conchai voluplueusement sur la tajjlette d'une espèce de niche ou d*arcade enfoncci'e dans un mur de terrasse; le ciel de mon lit était lormé par les têtes des arbres ; un rossignol était précisément au-dessus de moi ; je m'endormis à son chant : mon sommeil fut doux, mon réveil le fut davantage. Il était grand jour ; mes yeux en s'ouvrant virent le soleil. Teau, la verdure, un paysage admirable. Je me levai, me secouai, la faim me prit, je ih'acheminai gaiement ver» la ville. »
Voici encore quelques phrases qui montrent la diftérence entre les deux temps :
Les Romains avaient des consuls; ils en éUsaient deux chaque année. — Cicéron fut élu consul Van 03 avant J,-C.
Toute iannre était en joie, et jamais elle ne sentit qu'elle fût pltis faible que celle dea ennemis (Boss.).
Plus l'esprit s'éclairait, et plus l'industrie vô perfectionna (J.-.T. R.).