‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 312 sur 409 · REMARQUES PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

REMARQUES PARTICULIÈRES

cours ,de leur paySj quand les circonstances Vexigent, Le sol qui les a tu. naîtrCf la terre de leurn aïeux, tout se soulève autour d'eux comme un appel au combat (Staël). Tavais vingt ans, de la fortune, un mari excellent, des serviteurs fidèles qui m'avaient tu naître (J. Sandeau).

d) Le participe de laisser suivi d'un infinitif est tantôt variable : On les a laissés mourir de faim; tantôt invariable: Je les ai laissé emmener. Le monde vous a laissés rire et pleurer tout seuls (Rac). J\ii copnmencé à la hâte^ et mon sujet détendant sous ma plume, je Vai laissée aller samcontraifde (J.-J. R.). — Ils étaient punis pour les maux qu^ils avaient laissé faire sous leur autorité (Fén.). De concert avec lui, die s'était laissé renfermer "pour se dérober à des poursuites qui alarmaient sa vertu (Les.).

Telle est la règle qu'on suit ordinairement. Toutefois il y a de nombreux exemples où le participe laissé est traité comme fait^ c'est-à-dire comme formant une seule idée avec Tintinitif qui suit : Encore ne nous a-t-ilX^BSé partir qu*à la charge que nous Hrions voir dans sa tnaison de campagne (Boil.). Elles nous ont laissé prendre cet empire (Mont.).

e) Les verbes devoir, pouvoir j vouloir, savoir, oser, construits comme auxiliaires de mode avec un infinitif exprimé ou sousentendu, ont leur participe invariable, parce qu'il a toujours pour complément direct l'infinitif qui suit (§ 96) : Ce sont des choses qu'il a osé faire. Je lui ai rendu tous Us services que j^ ai pu, que j'ai dû, que j'ai voulu (sous-entendu lui rendre). Mais il y a accord, lorsque ces verbes ont le sens actif et qu'il n'y a pas d'infinitif à suppléer, comme dans ces phrases : // nia payé les sotnmes qn^il m'a dues. Il veut fortement les choses qu'/Z a une fois voulues, parce que le participe a pour complément direct le que relatif qui précède.

f) Lorsqu'il y a une préposition entre le participe et l'infinitif qui suit, le participe peut de même avoir pour régime direct le pronom qui précède ou l'infinitif suivant : dans le premier cas, accord ; dans le second, point d'accord : H nous a priés de lui écrire. Il nous a recommandé de lui écrire. Mes parents m'ont donné toute V éducation que leur fortune leur a permis (de me donner), — U Europe a reconnu que Pierre le Grand aimait la gloire, et qu'il Vavait mise à faire du bien (Volt.). Partout les rayons perçants de la vérité vont venger lu vérité qu'il a négligé de suivre (Fén.). Je lui ai offert ma main qu'elle a refusé d'accepter (Mol.).

Comme il est facultatif de dire : Vous m'avez donné une leçon à étudier, ou : Vous m'avez donné à étudier une leçon, on écrira : J'ai appris la leçon que vous m'avez donnée ou donné à étudier. Voilà les ennemis que la reine a eus à cotnbattre (Boss.). Les forêts, les ravins, les fleuves que nous avons eu à traverser, ont retardé notre marche (Bescherelle).

526 A( TORD Dl- PARTICIPE PASSÉ § 231

D'après la remarque sous lett. b), Taccord a toujours liea, lorsque le participe est précédé de deux régimes directs : Voki les livres qu'il nous a priés de lui prêter. Quels sacrifices Uiïom a obligés de faire, Cest une démarche qu'ail les a contraints de faire. La plante mise en libetié garde rijèclincUsan qu'on Vu forcée à prendre (J.-J. R.).

Ainsi, d'après ce qui précèc)c« on écrira selon le sens : Telles sont les mewrei que nous ai'otis crues convenables; que nous avons cru convenable de prendre; que nous avons crues devoir réussir.

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