‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 322 sur 409 · DATIF · texte numérisé non relu

DATIF

nous luit totis les jours (La F.). Comimnt résister à tant d'armées? (Fén.). dépense, dit le prince, que je voudrais lui ressembler (Volt.). Cerbère aboie aussi aux morts (Chat.). Le datif peut être une chose personmfiée : Heureux celui qui ne survit pas à sa jeunesse, à ses illusions (Vigny).

b) Verbes transitifs avec le datif de la personne qu'accompagne ordinaii'ement l'accusatif de la chose : Uetifant offrit une rose à sa mère. Les fourl>es se font tort (Ac). On lui trouva un cilice mr le corps (Rac). L'adulateur prête aux grands les vertus qui leur manquent (Mass.).

3. Lorsque le verbe faire, accompagné d'un régime de la personne, est suivi de l'infinitif d'un verbe intransitif ou même d'un verbe transitif qui n'a pas un complément distinct, on met le régime de la personne à l'accusatif : On fit sortir sa fille. On Va fait emmener. On Va fait renonc-er à son projet. Les verbes laisser, voir, entendre, ouïr, se construisent de même : Je le laisse venir. Je Vai vu mourir. Je Ventends clutnter. Mais quan d faire est suivi de l'infinitif d'un verbe transitif qui gouverne un régime, même sous la forme d'une proposition, on met au datif le régime de la personne, qui est en même temps le sujet logique de l'infinitif, comme dans ces exemples : J'ai fait copier cette fable à mes élèves. On lui a fait emmener sa fille. Lui avez- vous fait observer que je n'y consentais pas (Ac). On emploie cett« construction même lorsque l'infinitif est suivi d'un autre cas que l'accusatif: Ces cluinùi firent clianger dévisage à Atala (Chat.). De là une équivoque si le verbe qui suit faire peut lui-même régir la préposition à, par exemple : Je lui ferai faire un habit. Ainsi cette phrase : J^ai fait lire votre lettre à mon père, ou : Je lui ai fait lire votre lettre, veut-elle dire que j'ai fait en sorte que mon ))ère lût votre lettre, ou qu'un autre la lût à mon père. Le sens ne peut être déterminé que par les mots qui précèdent ou qui suivent.

Avec les verbes laisser, voir, entendre, ouïr, l'usage est partagé, et l'on peut dire également bien: JTai vu jouer ce rôle à un grand acteur ou je lui ai vu jouer ce rôle, et : J'ai vu un grand acteur ^'om^ ce rôle on je Vai vu jouter ce rôle. Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse (Rac). Cest une affaire (lue je leur ai laissé détnêler ensemble (J.-J. R.). Va, laisse à ma douleur achever son ouvrage (Ducis). B fallait, comme moi, V avoir entendu déclamer Mahomet (Volt.). Je les ai laissés tuer mes pigeons (Girault-Duvivier). On V entend parler tout seul et on le voit faire des gestes qui font peur (G. Sand). Mais, pour éviter une équivoque, on dira avec le datif ou l'accusatif, selon le sens : J'ai vu donner l'aumône à cet enfant ou je

lui (li ru (loHfwr l'aumône, et : J\n ru cet enfant fhnm Taumône ou /> Vaî vu donner l'aumône (^). Mais la constnn tion avec» le datif est de riprueur, dans riin et l'autre sens, quaii les deux ré^jrimes se suivent immédiatement ou que Tai'cusat de la personne suit l'infinitif dont il ne dépend pas : Je le h ai oui dire. Voici une hiMoirc que fai oui conter au Poi mdXD (Rac). Maii< rou.% monsifur, qui ronnais.^iez la faute, pourqtù la lui aroir îaissr faire'^ (J.-J. R.). J\ii ouï dire à feu XD

sœur que sa fille et moi naquîmes la même annc

(Mont.).

4. Dans le lanfrajyre familier on emi)loie souvent un dat 8ui)erttu pour le sens, mais (lui indique que celui qui parle i son interlocuteur s'intéresse à ra(?tion dont il s'ag^it. La grai maire latine ai)i)elle ce i\.2i\\ïdniif ei)wiue.

Afin qu'il fOt /*/!<« frais et de meiUeur débit.

On lui lia les pieds, on vous le suspendit {l ai F. II f, 1).

5. Le datif, comme cumi)lément attributif d'un substan! est d'un emploi plus restreint que le génitif: il exprime suitui la qualité ou IVspèce : utt hnnnne à prétentions, uu moulin vent; — le but, la destination: une mile à mang^er; — possession, et alors il s'emploie pour le génitif possessif : barque à Caron.

D. Génitif.

1. Le français désigne le génitif au moyen de la prépositic (h^ à laquelle il en a déléjruè t(Mites les fonctions, soit (lu'il : rapporte au rrrhc^ soit ({u'il dépende d'un anhi^untif,

(''est j)récis6ment parce (pie la ])ré position, sans égard à s valeur sj)éciale, a pris dans toute son étendue le rôle de 1 flexion ettacéo (pi'il ])eut être questitm d'un (jénitif^ c'est-à-dii d'une expression absolue du génitif. 11 est probable qu'on a cou mencé par appli(iuer la périphrase à la représentation dececîî lorsqu'il a une valeur partitive ou possessive, et, pour i*ettepér phrase, la prépositi(Ui de^ (pii exi>rime un rapport qui part d'u objet, était indiciuée (-). Il est néanmoins incontestable qu'n a gardé un sentiment plus vif i)our la signification du datif qu pour celle du génitif, caj* aucune forme organi(iue du frêuiti ne s'est ni dével(q)i)ée ni maintenue dans la déclinaison du pro nom personnel ; en etfet le représentant du i)ronom inde (Iran çais vn) contient lui-même la préiK>sition de^ c*est pour cel

(1) I.f ilMulih'arrusutirsi' [»n''sj'iit(' .MH'i;!»* Iiir*4i|ii«* l'un (l'iMix l'st K» ri'vitiii> il'im vi-i-l. (2t On tr«inv«Mli'j.i «/i' dans la c.mtiliMit'iVKnlalii? : lu figure de o 40 nth l'itliÊt a r.ifl.

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