GÉNITIF
qu'il se prête à désigner des rapports purement prépositionnels, et huvj véritable génitif, a été assigné à Texpression du datif (§ 87). Mais on doit reconnaître que le génitif français dépendant d'un nom possède plus de la nature de ce cas dans sa forme organique que le génitif dépendant d'un verbe ; tandis que celui-ci ne peut pas se passer de la préposition, l'ancienne langue pouvait unir le génitif au nom qui le régit sans l'aide de de, sous la forme générale du cas oblique (v. n® 5). Pour V ablatif la langue française n'a créé aucune expression absolue et elle exprime les significations de ce cas d'après son sentiment propre au moyen de diverses prépositions. Cependant de prédomine : cette préposition remplace généralement l'ablatif de l'instrument (florihus ornare) et celui de la détermination précise (manu promptus) ; peut-êtr^ dans quelques cas l'emploi peu approprié de cette préposition (user de =^ lat. uti) reposet-il sur un échange inconscient de l'ablatif contre le génitif, car les deux cas ont déjà bien des points de contact en latin (^).
2. Le génitif dépendant du verbe, étant toujours précédé de la préposition rfe, ne se distingue pas du rapport adverbial de lieu, de temps, de manière, de cause, etc., marqué par de, et la sjTitaxe française n'a pas à s'en occuper d'une manière spéciale. Comparez : U se repent de sa faute. Souvetiez-vous de vos promesses, et : Il arrive de Londres, Il n'a pas reposé de toide la nuit. Il est respecté de tous (Ac), etc.
Le latin ne fait que rarement usage du génitif dépendant de verbes. Parmi les verbes français dont le régime est désigné par de. quelques-uns sont des verbes réfléchis, comme se. souvenir de, se repentir de, qui semblent procéder de la construction primitive avec le génitif. Dans d'autres, comme dépendre de, orner de, le complément du verbe répond à l'ablatif, cas qui exprime en latin un rapport de séparation et d'éloignement. Enfin la préposition de remplace non seulement l'ablatif et le génitif latin, mais aussi les prépositions latines de, ex, et en partie ab. Mais, quelle quer soit l'origine du régime désigné par de, la syntaxe française le traite toujours de même, c'est-àdire comme un régime prépositionnel. Il en est de même quand le mot dont dépend de est un adjectif, comme coupable ou innocent d'un crime, capable de tout, pauvre d'esprit j vide de raison, etc.
3. Le véritable génitif français est celui qui dépend d'un substantif. C'est le génitif attributif, qui est le complément d'un nom qu'il détermine comme attribut : La bonté de Dieu est in* finie. A cette espèce appartient aussi le génitif avec le pronom
(1) Diez, m, 126.
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ou le nom de nombre : quoi dp pltis beaii^ que de tnisères^ rùn if hon^ beaucoup (U gens, trop de inn, bien du mofide^ assez (targetd^ plus dUamis, la plupart des homme.^^ etc.
Qui de nous de» clartés de la voûte azurée Doit jouir le dernier f (F.a F. XI, 8.)
4. Le génitif attributif est un produit de la proposition, et, selon qu'il est formé du prédicat, du sujet ou de l'objet, fl s'appelle :
a) Génitif prédicatif : une maison de bois (la maison estrfe
bois) ;
b) Génitif subjectif : la force du lion (le lion est fort), h son de la cloche (la cloclie sonne) ;
c) Génitif dtjectif: Vamour de la patrie (aimer to patrie)^ h sortie de prison (sortir deprmn).
Le sens de la phrase peut seul indiquer, dans certains cas, si le génitif est subjectif ou objectif; ainsi Vamour des enfant» peut signifier Vamour que les enfants ont pour leurs parents, ou bien l'awoMr que les parents ont pour leurs enfants; les enfants peuvent être ceux qui aiment ou ceux qui sont aimés.