‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 353 sur 409 · PHRASE DE RESTRICTION · texte numérisé non relu

PHRASE DE RESTRICTION

brûler, mais éclairer (Favart). Ce n^est pas le mot d'inquisitimi qui fwus fait peur, mais h chose mêtne (Pasc).

Kt Rodilard passait, chez la gent misérable,

Non pour un chat, mais pour un diable (La F. II, 2).

2. Quelquefois, pour donner plus d'énergie & la phrase, on répète le verbe après tnais :Les convenances de la nature ne sont pas celles d'un sybarite, mais elles sont celles du genre humain et de tous les êtres (Bern.). — Mais est souvent renforcé par biefi ou par bien plutôt: Nous ne voidons pas nous imposer les privations de la vertu, des lois, mais hietiatix autres (Boiste). Sa puissance n^est pas diminuée, mais bien plutôt elle est accrue (Ac). — On emploie quelquefois ne., .plutôt pour marquer une exclusion moins forte (lue celle qui est exprimée par ne... tnais : Il n^arait pas Vair triste; il était plutôt gai.

3. On fait ressortir le rapport d'exclusion en supprimant la conjonction advei^sative, et dans ce cas la contraction n'a pas lieu : Il n*€st pas malade, il se jxyrte bien. La religion n^abat ni Hl amollit le cœur: elle V ennoblit et V élève. Ce n^est pas le soleil qui tourne autour de la terre, c^est la terre qui tourne autour du soleil. Je ne parle pas, j'agis (V. Hugo). Ne détruis pas, corrige (Del.). Les propositions peuvent être interverties, et alors la contraction est permise: Il avait des flatteurs, et non pas des amis. Ual)sence est le plus grand des maux: Non pas j>07/r vous, cruel! (La F. LX, 2.).

L'ancien franvais marquait rexclusion par a\t\s, ainçois : Dignenon de pitié, ains de compassion (Régnier).

B. Phrase de restriction.

1 . Quand la proposition adversative oppose à la première affirmation ime autre affirmation qui en limite l'étendue, on se sert des conjonctions toutefois, néanmoins, cependant, pourtant : Toujours Vespérance nous tromj)e, toutefois nou^ la croyons toujours (Boiste). // lui avait promis de Voiler voir, néanmoins il ne Va p(ts fait (Ac). Le imtl est grand, il ne faut pourtant pas se désespérer.

Hippocrate n'eut pas trop de foi pour ces gens; Cependant il partit (La F.. VIII, 26).

La conjonction peut être sous-entendue :

Un bœuf est plus puissant que toi ; Je le mène à ma fantaisie (Id. II, 9).

Cejyendant désigne une restriction légère, pourtant une restriction formelle; ces deux conjonctions s'emploient volontiers avec mais. Toutefois et néanmoins laissent subsister ce qui a été dît et se bornent à présenter à côt^ autre chose qui doit être admis

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en même temps : Cet homme setnf)fe honnête^ mais cepend c^est un fripon. Véin/le ilu monde ne m'atriit rien appris^ ef^ tant^/e n\ivais jJus UidoHceurdeViynorance (Bem.). Ce cm est affamé; il amit néanmoins déjenHé corpieusement. Tm hommea recherchent les riche.<iies, et toutefois on voit i»eH *il meti riches heureux.

Cependant s'emploie encore quelquefois dans sa significa première de itendant cela: Voua roua amiisez^ et cependai nuit rient.

AUisi raisonnait notre lièvre^

Et cependant faisait le guet [Lu F. II, li).

Commençons dans di^x jours; et tnangeons cependant

La corde de cet arc (M. VIII, '27).

2. Quand la seconde proposition restreint la première, c à-dire qu'elle nie ou exclut la conséquence que l'on pourrai tirer, ce rapport adversatif se marque toujours j>ar la jonction mais, qui ne soutfre pas volontiers l'ellipse: L truche a des aihis, mais elle ne vole jxts, UadrersUé nous ace mais elle nous instruit. Vous hantez les paJ<ùSj mais on ro maudit (La F. IV, 3). Ils ne mouraient pas tous, mais tous et* frap})és (Id. VII, 1). J\n passé les déserts, mais nous n*i/ h point (Id. VIII, 9). Passe encore de bâtir, mais planter à cet (Id. XI, 8). L</ ))atience est amère, mais ses fruits «>/*/ t (J.-J. R.). — Ellipse de la conjonction : Les secrets de la na sont cachés : (mais) le tenq)s les révHe d'âge en âge, CPest là mon talent :je ne s(tis s'il suffit (La F. V, 1).

Il peut y avoir ellipse du verbe: Les enrieux mourront^ n non Jamais l'en rie, ou de la copule : L*? />^w/>/(^ C'*/ riolcnt.n ej'orahle^ ej'cessif mais (jcnérrux (^Mirabeau).

// entre; et son cheval ïe met A rouvert des voleurs^ mais mm de l'onde nuire il-iï F. VIU, 'li).

Quel(iuefois la ctmjonction nutis ne marque qu'une transi l)0ur revenir à un sujet abandonné, ou pour quitter celui i on parle : Mais revenons à notre affaire. Mais il esf tt-mps fuir, — Mais s'emploie encore dans la conversation au ( mencement d'une phrase (jui a quelque rapport avec ce q précédé: Mais enfin, que ditcs-nms de cela'^

c Phrase de contraste.

Le contraste ou opposition entre deux pensées peut s"expii par les conjonctions wais^ au contraire^ mais le plus souven rap[)ort est marqué par la simple juxtaposition des prop tioiis: Le ciel est, dans Sfs i/cujr. mais l'enfer est dans .'^on r

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