‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 354 sur 409 · PHRASE CAUSATIVE OU CAUSALE · texte numérisé non relu

PHRASE CAUSATIVE OU CAUSALE

(Rac). L'aîné est assidu à son travail; le cadet ^ au contraire, ne fait que s* amuser. V avare jotût eti imagination : il pâtit en réalité. Nous faisons cas du beau, nous méprisons rutile (La F. VI, 9). Vun est vaillant, mais2>rompt; Vautre est prudent, tnais froid (Là. Vm, 25).

L* homme est de glace aux vérités , Il est de feu pour lus mensonges (jd. IX, 0). Les gens sans bruit sont dangereux:

Iln*en est pas ainsi des autres (Id. VIII, 23).

Atiick V. ^ Phrase causative ou causale.

La phrase causale est formée de deux propositions, dont la seconde donne la raison ou tire la conclusion de la première.

Â. Phrase de raison.

1. La 7'aiso7i ou le motif à'\m jugement énoncé s'exprime par la conjonction causative car, qui ne permet jamais la contraction : // ne faut pas écouter les ftatteurs, car ils nous trompetit. Je te rebats ce mot; car il vaut tout un ?w>r^(La F. VIII, 27). Je pourrais décider, car ce droit m^appartient (Id. X, 2). Ualo\*ette eut raison ; car personne ne vint (Id. IV, 22). C'est, dit-il, un cadavre; âtans-nous, car // sent (Id. V, 20).

Il ne se faut jamais moquer des misérables:

Car gui peut s'ansurer d*étre toujours heureux f (Id. V, 17).

Je le crois fort sympathisant Avec messieurs les rats; car il a des oreille^

En figure aux nôtres pareilles (Id. VI, 5).

2. On supprime assez volontiers la conjonction causative car, parce que le rapport logique de la phrase ressort de la liaison même des propositions ; en pareil cas, on sépare oi'dinairement les propositions par deux points au lieu du pointvirgule : Le jour du jugement viendra bietitôt : les ânes parlent latin (Prov.). Vous êtes trop craintif : un rien vous met auxcliamps. Vous ne me trwnpez pas : je vois tous vos détours (Rac). Laissez dire les sots: le savoir a son prix (La F. VIII, 19).

Comment Vaurais-je fait si je n'étais pas né f

Reprit V agneau: je tette encore ma mère (La F. 1, 10).

Il fût devenu fou : la raison d'ordinaire

N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés (Id. VIII, 10). Apaisez le lion: seul il ptuse en puissance Ce monde d'alliés vivant sur notre bien (Id. \l, 1).

:»1H» DK LA SrHOKDIXATIOX KX fîÊXÉRAL J5 272

n. Phrase de conclusion.

1. ha conci union, c'est-à-dire la cons^^quence que Ton dé (lu fait avancé dans la première proposition d'une phrase ■ sale, s'exprime par les conjonctions àites conc/ usi rrs : dnuc, roHs&fjttenf^ /////.s'/, (,r : Les fiatUnn's nous fromperit; il ne faut d IHis h's troHfrr. Je jmufp, donc Dint existe (La Br.). 7// r/>\d /// souffWs ( (.'hat.). Je /*///.<?; ainsi fe reuf ht fcn-tmie enncmie[^ L 'expression rV'.s/ ou rV.'îf lanminoi^ mifà jtourqHoi s'emploie t comme conjonction conclusive : Voua étiez ahsetif. voilà pc quoi Von VOUA a onhlié.

Comment f des animaux (fui tremblent devant inoi.' Je HUIS donc un foudre de guerre {\s\ F. II, lii.

La contraction est très rare : Il est envieux^ donc S'J.

a,' Donc s^rl Mtuvoiit à iriaiipuT une smUMléronnomi'iil, h\ siJipi-i>f qu t*i»rijnv«* il'uiu' olmstî à laijuflli.' on m- s'atti-uilait point : Ht je nai donc i'« ifuepour dépendre d'elle! (H.xc). Il sfif aussi à rt'iulre plus prc'^s.'tnto un iiiaiiiit>, uMt> injoiirtion : }\ô)JOi\dez donc. On remploie t^iiroio iroziiqueii Lttissez-fiioi donc tranquille.

hj Or (îi \'.i\) ^Vniploie a la Irtf il uni» propi>^ition qui, joinU; à une aiil jilustiianilo ftomlm» quant an simis, s»^rt à niotivL*r nne oiiiit'liision ; Af ya*; heureux; or Socrate est sage; donc Socrate est heureiuc * Xv."). Or stMt à liiM" nn ilisoDUi-s à nn antre; en cv si'ns on lo joint souvent à donc: Or i je vous le dis. cela n^est pas. Or s'enifilolo «.'uroi-e familièreiuent poui* in' exi'.itifi' à qni*lqni; chose: Or ça, sire (wrêgoire^ Que ga4jnez-rons par an «1 VIII. 3).

ej Partant. <'Muiini' ronjonrfion rniujusivo, ne s>'cnipIi»io plus pnêiv au Mliui: /'/".s d'nm'inr. partant plu.s tte Juit' -La F. VII. li.

'2. La plii'îise de conclusion est l'inverse de la phrase de s(m, et peut, coHime elle, s'expi'imer sans conjonctir»!! : L,.^ ff'in's /'o/zN tnniijunt : nr hs vroutcz jhis. Son jMfr est ///uyV ; jff'tif-il foirr'f (La F. XI, 1). (if ifUnuf tombe: Jv nez ?/// dorh en jffffit { Id. IX, 1). 7/ oimr, il rroim (Dumas).

Ch.'ipitre XXVI.

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