‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 360 sur 409 · Proposition infinUive · texte numérisé non relu

Proposition infinUive

1. Comme proposition abrégée, Vinfinitt'f est ordinairemem* précédé d'une préposition. Il n'exprime pas le mode par luimême; mais il a la valeur de l'un ou de l'autre des modes de la proposition subordonnée, de Vindiadif ou du subjonctif.

La proposition infinitive ne peut remplacer que la proposition conjonctive, soit substantive, soit adverbiale.

2. L'infinitif faisant fonction de proposition substafUire peut exprimer, comme la proposition substantive, le sujet logique ou le complément du verbe de la principale.

A. Quand l'infinitif exprime le sujet logique de la principale, il est construit avec il ou ce comme sujet grammatical. En pareil cas l'infinitif a son sujet propre, qui peut être sous-entendu, et il est ordinairement précédé de la préposition de, sauf avec les verbes impersonnels il faut^ il semble, il vaut mieux, il vaut autant, il fait bon, il fait beau : Il me semble eficore le voir (= que je le vois). // faut travailler (= qu'ow travaille). — // ne vous convient pas de parler. C'est une grande folie de vouloir être sage tout seul (La Roch.).

B. Quand l'infinitif exprime le complément du verbe de la principale, il est le plus souvent précédé de la préposition rtV ou à (§ aOD) : Ce crime mérite ^/'ètre puni(= qu*on le punisse); mais il peut aussi être seul, et. dans ce cas, son sujet peut être le même que celui de la proposition principale ou en être distinct.

a) 11 a le même sujet que la principale quand il est constiiiil avec les verbes qui expriment un acte de la jwnsée, de la parolt ou de la volonté, comme croin\ penser, espérer^ dire, affirmer, déclarer, déiiirer^ préférer, daigner, etc. Avec les verbes de volonté, remploi de l'infinitif est de rigueur : Je désire vous parler ; mais après la plupart des autres verbes, on peut employer la proposition complète avec que aussi bien que la proposition abrégée au moyen de Tinfinitif : Je crois avoir raison, ou : Je crois que j'ai raison.

L'intiiiitif l'onstruit avec un verbe auxiliaire de temps ou de mode {aller devoir^ pouvoir, savoir, vouloir, oser) ne tient pas lieu d'une propos^ition substantive, paire qu'il exprime une idée inséparable de celle de l'auxiliaire: Je vai< lui écrire. Tout doit tendre au bon sens (Hoil.V Tout le monde dit d^un fat qu'il est un fat, personne n'ose le lui dire (La Br.).

Page 1