PROPOSITION INFINITIVE
h) L'infinitif a son sujet propre, qui est toujours à Paccusatif, comme complément direct d'un verbe transitif, quand ce verbe est faire ou laisser ou qu'il exprime une perception des sens, comme voir (voici, voilà), prévoir j apercevoir^ observer^ regarder^ entemlrey ouïr^ éco^Uer^ sentir^ etc.: T entends V enfant crier (— que l'enfant crie).
Cette construction, qu'on appelle Vaccusatif avec Vinfinitif^ présente deux cas, suivant que l'infinitif a ou n'a pas de complément.
1** Si l'infinitif est sans régime, son sujet, exprimé par un substantif, peut quelquefois se placer indifféremment avant ou après l'infinitif; mais, quand les deux termes sont d'étendue inégale, le plus long se met le dernier (§ 258) : Tai entendu Fenfant crier ou crier l'enfant. Laissez venir à moi les petits enfants. Mais f aperçois venir sa mortelle ennemie (Rac). Sif en croyais mon cœur J^etiver rais pattre toutes mes affaires, ^ je n{en irais à Grignan (Sév.). — Voici (= vois ici) et faire sont toujoui's suivis de l'infinitif: La pliilosophie fait luire un jour nouveau (Volt.). Ce vent a fait tomber cette masUre. Voici venir le printemps (Ac). — Quand l'accusatif est un pronom, il prend volontiers place avant le verbe simple : // sVcoutp jKirler (Ac. ). On est meilleur quand on se sent pleurer (Beaum.). Je le fais trembler. On le voit trembler,
a*" Si l'infinitif a un complément, son sujet se met toujours avant : J'ai entendu cette femme chanter une romance.
Dans l'un comme dans l'autre cas, le sujet de l'infinitif peut être sous-entendu; mais alors il est au nominatif: J'entends crier (= qu'an crie). J'entemls tonner (= qu'îZ tonne). Il n'aime pas à voir soufErir (Ac). J'ai ovtsndu parler et une Mie science (pCon apjyelle^ je crois, Vastronoinie (Volt,).
L'infinitif estquelquefois remplacé, avec une légère différence de sens, par le participe ou par une proposition adjective : Il sent ses g&nouj: chancelants (Fén.). La cour me croit errant de rivage en rivage (C. Del.). Ils se disaient, envoyés par lui (Ac). Je la vois qui chancelle (M. J. Chén.).
L'ancienne langue, surtout pendant la période de transition du XV* et du XVI* siècles, faisait usage de Taccusatif avec rinfinitif là où nous ne pouvons plus nous en servir aujourd'hui, c'est-à-dire après les verbes déclaratifs, comme dire, penser, croire, etc., et les verbes de volonté, comme vouloir, demander, ordonner^ etc. : Chascun estimait le royaume estre bien content (Comines). Je le soutiendrai estre telle (Marot). Ils demandaient les cloches leur estre rendues (Rab.)- Les loix de la cansdence, que nous disons naiftre dénature, naissent de la coustume (Montaigne). Avec le pronom relatif, comme dans le dernier exemple, l'accusatif est encore usité de nos jours : Charles était un prince qu'on savait n'avoir jamais manqué à sa parole (Volt.). J'ai supposé vrai ce que je savais avoir pu Vêtr^ (J.-J. R.).
«;oh I»ROPOSITl()N' sriiSTAN'TIVE RELATIVE