‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 39 sur 409 · I 24 HISTOIRE DB8 VOYELLES LATIKB · texte numérisé non relu

I 24 HISTOIRE DB8 VOYELLES LATIKB

qui renferment une voyelle simple fonnée par contraction : côgo = côàgo.

Une syllabe terminée par une voyelle longue devient lyrève par position^ si la syllabe suivante commence par une voyelle : tiéànUndo (dé).

Une syllabe terminée par une voyelle brève devient longue par position, si la voyelle brève est suivie de deux ou trois consonnes ou bien de ar, z oxxj (*) : pêrdo (de për), ûrbs, dûx, pèjor. On doit remarquer qu'une muette suivie d'une liquide ne fait I)as position : arhïtror, àgri.

Quant à la théorie de Vaccentuation latine, elle est, à part les exceptions, de la plus grande simplicité. En voici la règle essentielle. L'accent latin, dans les mots polysyllabes, ne repose jamais sur la dernière syllabe ou uUième. Dans les mots de deux syllabes, il repose donc sur la première. Dans les mots de trois syllabes ou plus, la langue latine recule l'accent tonique jusqu'à la troisième ou antépémdh'ème ; ainsi hâmïné, hàminéSj hominïbus ; il importe peu que la finale soit longue, Taccent garde sa place. Mais si la syllabe pénultième est longue, alors l'accent se déplace et vient se fixer sur cette pénultième : rftî/or, ddôrem; l'accent qui est d'abord sur dô passe sur

L'accent est circonflexe quand la voyelle d'un monosyllabe ou la voyelle de la pénultième est longue par nature (mais non par position seulement), et que, dans les mots polysyllabes, la dernière est en même temps brève : jûs (jûris), mâtër (â), acûfus; dans tous les autres cas, l'accent est aigu : dticetn (iQ, amàrês (â), amàntûr.

2. Jj accent latin persiste en français, c'est-à-dire que l'accent tonique reste en français sur la syllabe qu'il occupait en latin. Or, comme en français, l'accent repose toujours sur la dernière syllabe sonore et qu'en latin il se trouve souvent suil'antépénultième, l'élision et la contraction des syllabes ont pu seules maintenir l'accent à sa place originelle, comme dans humilis humble, Idcrima larme, imâgiiiein imrfge, etc.

Mais l'accent latin a éprouvé plus d'un déplacement. Ainsi le suffixe diminutif îdus prend l'accent sur la seconde voyelle : fUMus filiâlus filleul. Certains verbes en ëre ont été accentués ère, comme currëre, d'où courre^ qui est devenu currère, d'où courir, et inversement le latin vulgaire a accentué en ère des

(1) Parce que .r=c« ou g$. z=tB ou ds ; et quant au >, parce ^e c'est une lettre qui placée entre deux voyelles semble se redoubler dans la prononciation (Madwig, Gr. iarine, tr. Theil. 1 22^.

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verbes en ère^ comme placére, d'où plaisir ^ qui est devenu placerez d'où plaire (v. le ch. VIII).

n y a bien d'autres mots où l'accent latin a été déplace; mais la plupart de ces mots ne datent pas de la période organique de l'histoire de la langue; d'ailleurs, l'on i^encontre bcù&ucoup de doubles formes dont celles qui sont bien accentuées sont certainement les plus anciennes : rigidus raide et rigide, frdgUis frêle et fragile, pârticus porche et portique, fâbrica forge et feibrique, etc. C'est donc avec raison que l'on a distingué deux couches différentes de mots, toutes deux dérivées du latin, l'une de mots populaires^ l'autre de mots savants, celle-ci non sans importance au XIV® siècle déjà et qui s'est développée sur une grande échelle depuis le XVP (§ 7).

li importe de remarquer que, lorsqu'il y a eu dans un mot déplacement de rai'cenl, c'est l'accent nouve^iu et non Taccent ancien qui détermine la permu> tiiion dn mot. Ainsi dans acquirimiis, accentué acquirimtis, leide qui est de> vvnu alone et s'est changé en e : nous acquérons , tandis qu'au singulier ocquiro il avait Taccent et s'est développé régulièrement en ie : f acquiers (V. S 25).

3. On sait que le latin classique fondait son système prosodi(iue uniquement sur la quantité. Cette métrique était empruntée au grec et avait été introduite artificiellement dans la langue latine par les poètes du sixième siècle de la fondation de Rome, surtout par Ennius. Mais il semble que, si le peuple romaiu était très sensible à l'accent des motS; il n'a jamais eu un sentiment bien vif de la différence entre les longues et les brèves et surtout de l'allongement par position.

Il est en effet reconnu aujourd'hui que le latin vulgaire avait ramené èetôkè^à ouvert-s, qu'il avait réuni é et f, ô et m en un seul et même son, celui de ^ ou de d fennés ('), que les voyelles eeto avaient donc un double son, ouvert comme dans tefe, mort., et fermé, comme dans é^^, rùt, et qu'ainsi le système vocal du latin populaire se composait de sept voyelles, sans parler du y, grec d'origine, que les Romains prononçaient comme notre u (*).

i uO

D'un autre côté il est établi que le fait d'être en position

(1) Nous désiprierons les voydies fermées par un accent aigu et les vuye.lles ouvertes par un accent Krave.

(2) En Krec cette voyelle s'est |ffononcée ou k l'origine, puis u et enfin t (dans le grec moderne). V. Cuttius, Gruf,dzuge dergriech. Etymoiogie, 1879, p. 411.

Cà) On sait que les Romains prononçaient ce u conmfie notre ou.

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