La gutturale douce G a eu le sort de la forte c
a) Devant oetu,q reste guttuial ; il en est de même devant une consonne (v. § 38).
1° Q initi<d persiste : gutttir goitre, yula gueule.
2* G midial s'affaiblit en y ou t, ou disparaît comme les autres douces : auffurium aiir* heur (dans bonheur, malheur), augustus août, ego eo* io* jo* je.
3** G final reste, mais muet : jugum joug, ou tombe : fagus fou*, d'où fouet.
b) Devant a (au)^ le 5^ a pris le son de la chuintante faible marqué par J (ou par g devant e, i)^ de telle sorte que le changement de ga enja correspond à celui de ca en cha.
V G initial pei-siste avec le son de la chuintante douce : gamba* jambe, gabata jatte, gaudere jouir, galbinus jalne* jaune, gallina geline.
2^ G médial est représenté par y ou / ou disparaît entièrement : legalis loyal, plaga plaie, gigantem jayant* géant, ruga rue.
c) Devant e, ?*, le jr a généralement pris le son du j roman, soit de la palatale ou de la chuintante douce (qui en espagnol se transforme en aspirée); il a ainsi suivi les mêmes étapes que ^, c'est-à-dire gy^ ty, mais en s'arrêtant au c palatal ou à rff , qui s'est simplifié en français dans la chuintante douce i onj.
1® G initial persiste avec le son ànj : gigantem géant, gemellus jumeau.
2® G médial se sjucope suivant la règle générale : flagellum flael* fléau, sigillum seël* seau, magistrum maïstre* maître, ni-
gdla nielle, regina reine, ou reste dans pagina page, ou devient s faible dans f ragea (de fragam) fraise.
3® G /înoZ tombe comme le g médial : legetn loi.
4. La linguale forte T ou TH (^) persiste ou tombe entièrement.
1* T initial reste : ttirris tour.
2® T médial se change ordinairement en d dans les langues romanes de Touest, mais en français il disparait entièrement : catenu chaîne* chaîne, contrata (propr. le pays qui est devant vous, contra) contrée (^, potere* (pour passé) pooir* pouvoir, spatha épée (esp. espada), tutari tuer*, viteUm véel* veau, vatum vœu, vatare vouer, devotare dévouer, et dans tous les mots où t est suivi d'un e muet final, comme : fata fée, et autres mots enée = ata: vita vie; mais mota* meute. Intercalation de i ou y euphonique après la chute de t : bofdlus boyau.
Le t ne se pi'ésente guère que dans les mots de formation savante, comme voter à côté de vouer, citer, noter, visiter, tiature, poète ^ etc.
3® T final disparaît généralement, entre autres dans tous les noms en attis, atetn^ tdum^ utetn : gratus gré, l<itiis lé, ae^afem été, cMatem abbé, sattum écu, gluten glu; — dans les adjectifs en utils : actdtis aigu ; — dans les participes en atus et itus : amatus aimé, auditus ouï; — dans les formes verbales : atnat aime, aniet aime. Il persiste, mais muet, dans quelques noms, presque tous monosyllabes (^) : fatuus fat, nUidus net, totus tout, et dans quelques formes de la conjugaison : fuit fut, habeat ait, atnabat aimait, et dans les mots de formation moderne, comme ingrat à côté de gré. — Sitis a donné soif. — Dans aureolus loriot, papaver pavot, on a ajouté t, comme d dans hasard, homard.
Devant un i (e) atone suivi d'une voyelle, le t ifh)^ qui avait, dans le latin populaire des bas temps (*), la valeur de ts, devient en français s dur, plus rarement s doux,^et / disparaît ou se joint à la voyelle tonique : gratiu grâce, potimiem poison (§ 25).
La chuintante paraît dans avis struthio autruche.
5. La linguale douce D subit le même sort que la forte t. P D itiifial persiste : donare donner.
(1) Dans th, comme dans ch et ph, l'aspiration disparaît et th è«iuivaut à la foite, même dans les mots que le roman a immédiatement tirés du grec.
(2) De même que contrata {et prov. cnntrada) dérive de la préposition contra. l'allemand Gegend, contrée, dérive de la préposition gege^u ctmire.
(3) Esprit, &e spiritiiSs état de «tutris ne sont pas des exceptions, puisque ces mots ne sont dissyllabes qu'à cause du <? prosthétique.
(4) C'est à partir du v« siècle (ïue le t de t-ia. t-ie, t-io, t-iu se change en r = du, son qui en français se simplifle en t. V. Diez, Gr., I. 212.
2** D inéiial tombe toujours : audire ouir, gladidus glaïeul, hodie hui dans aujourd'hui, poditm pui ou puy (c'est-àdire sommet : Puy-de-Dôme), pedesfris piestre* piètre, radiare rayer ; devant e muet final remplaçant a latin : cauda queue, praeda proie, nadu nue.
D médial ne s'est conservé que dans des mots postérieurs soustraits aux lois phonétiques, spécialement dans les suffixes idus et udo : avide, commode , céder j fraude, habitude, pédestre, rude, odeur, etc.
D médial devient l dans cigada cigale, et n danff palefrenier pour palefredier.
3^ D final tombe : aUodium* alleu, badius bai, brodum* brou* (bouillon), d'où brouet, crudus cru, fides foi, «urfws nu ; — ou se maintient comme lettre muette : frigidus froid, modim moidus muid, pedem pied.
Un d final a été ajouté à quelques mots après n ou r : attetnand, homard, hasard.