LES LETTRES ALLEMANDES
résolution du J en « ; parabola paraule* parole, tabula taule* tôle.
— bm, bj, bs, bv syncopent le b : auripigtnentum orpiment, mbmiUere soumettre, rabies rahjes rage (§ 28), Imnbea longe, subjedm mjety obsidaticum ostage* otage, obscur us oscur* (auj. obscur), subvenire souvenir.
— bc, bt perdent le b : cucurb(i)ca pour cucurbita (par assimilation au suffixe ica) coourge* courge, berb(î)carim* berger, dub{i)t^re douter, cub(i)fus coûte* coude, sub(i)tmius soudain, stMlis soutil* (it. sottÙej esp. mdil, pg. pr. satil, romand sfUil^ habile), auj. subfilj bomb(i)tare bondir, preéb(y)terium prestre* prêtre. Gab(a)ta a donné jatte et joue, ce dernier par la vocalisation de b en w.
Section III. — LES LETTRES ALLEMANDES
On a vu qu'à côté du latin populaire qui constitue le fond de notre langue, le français a admis, lors de sa formation, un nombre considérable de mots allemands introduits par les barbares dans la langue gallo-romaine (§ 7). o: Cette admission de mots allemands commença, sans aucun doute, peu de temps après les invasions des Germains, et ne prit fin que quand leur langue périt. On reconnaît, en effet, deux classes chronologiquement distinctes de ces mots empruntés : les uns trahissent, même après leur assimilation, une forme archaïque et se rapprochent du gothique ; les autres une forme postérieure. Les marques distinctives des premiers sont les voyelles a et *, la diphtongue ai, et les consonnes p, f et rf, à la place des voyelles e et ë (fermé et ouvert), de la diphtongue ei et des consonnes 6, z et /, qui ont été introduites postérieurement et qui caractérisent les mots de la seconde classe. Or la substitution des consonnes (lautversdiiebung) propre au haut allemand, et qui forme un trait spécifique de ce dialecte, est un fait philologique qui a dû se produire vers le VP siècle : il en résulte que les mots germaniques de la seconde classe n'ont pénétré dans les langues romanes qu'après cette époque et que, pour la France même, où le bas allemand se maintint longtemps encore contre le haut allemand, ils ne doivent remonter qu'aux siècles postérieurs. Il en résulte en outre que les mots de la première classe, surtout quand aux consonnes primitives ils joignent un système de voyelles un peu archaïque, doivent s'être introduits au V* siècle, ou au commencement du VI*, prin-