CONSONNES CONSÉCUTIVES
n. Consonnes consécutives
1. En français; reuphonie ne permet pas, dans la règle, qu'on &88e entendre deax consonnes de suite, soit dans le même mot; soit dans deux mots qui se suivent ; quand cette rencontre de consonnes a lieu, la première devient ordinairement muette, comme p dans bccptême^ f dans neid livres. Ces consonnes muettes ont en général disparu dans Torthographe moderne, sauf à la fin des mots.
On ne doit pas considérer comme des exceptions à la règle les mots dans lesquels une consonne est précédée de n ou de m, ou suivie de r ou de i, pai'ce que, dans le premier cas, la lettre n ou m ne sonne point et ne fait que rendre nasale la voyelle précédente, et que, dans le second cas, le son de la liquide r ou Z se fond avec celui de la consonne qui précède et forme avec elle une consonne composée (§ 14). Amsi, dans le mot ancre^ on ne compte qu'une seule consonne, la consonne composée cr. Du reste, la règle ne s'applique qu'aux mots de formation populaire, les mots savants ne la respectent pas ; c'est ainsi que le mot latin captivm a donné le mot populaire cMif en laissant tomber la première consonne jp, et le mot savant captifs où cette première consonne est conservée, contrairement à la règle.
2. Conformément à la règle générale, un mot ne peut cornfnehcer en français par plus d'une consonne simple ou composée.
H n'y a d'exception que pour quelques mots modernes commençant par 8C, stj dp, comme scrÛ>e, schotastique^ statue^ stagnant, stridj studieux, spacieux, spécial^ spirituel, spongieux. Les mots formés régulièrement d'après les lois de l'euphonie prennent un e devant ce s, qui peut être retranché : écrire (escrire), école (escds), état, étang, étroit, àude, espace, espèce et épice, esprit, éponge (§ 40).
H est la seule consonne nulle qui se trouve au commencement des mots (§ 34).
3. A la médiale, il n'y a que le r qui puisse être suivi de toute autre consonne simple ou composée : bercail, orgueil, porche, serge, porte, perdre, verser, serpent, corbeau, parfait, corvée, merle, vernir, ferme. Le s se présente aussi dans cette position, mais seulement devant les consonnes fortes : esclave, poste, espèce; dans beaucoup de mots, le s a disparu et a été remplacé par un accent circonflexe, comme île pour isle (§ 50).
ÀYEn, Grammaire comparée 9
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D'autres consonnes, ?, c, p, 6, d et a?, peuvent se trouver dans le même cas ; mais cela n'a lieu que dans les mots de formation moderne et seulement devant certaines consonnes: ciilturej lecteio'y captif, objet, adverbe, extrême.
Au milieii des mots, lorsque Tune des deux consonnes consécutives est nulle, c'est toujours la première ; sont exceptés les mots asthme et isthme, où th ne sonne pas. Au XVP siècle, on conservait ces lettres muettes dans l'écriture, mais seulement quand elles terminaient la syllabe : mbjet, esfable, potdmon, etc. Dans le français moderne, on a suivi en général le principe d'omettre dans le corps des mots toutes les lettres nulles : sujet, étable, jmimon; il n'y a d'exceptions que pour le p dans : chej^él, baptiser, baptême, compter, dompter, exempter (dans exemption, le^? se fait entendre), promj/te, septième, sciûpter, et pour le s daiis les noms propres : Aisne, Beslay, DiKjuesclin, Ducliesne, Duqîiesne, VHospital, de Maistre, le No^itre, Nismes, Pasquierj Rosny, Vosges, excepté Montesquieu, La consonne s est encore nulle dans : mesdames, lesquels, desquels, DescaHes, Despréaux, Destouches, etc., parce qu'elle appartient aux mots mes, Us, des, où elle ne se prononce pas.
4. Dans les consonnes doubles, il n'y a que la seconde qui se fasse entendre, la première est nulle ; ainsi affaire se prononce comme à faire. Il faut excepter les muettes c et g devant e, i : accès, suggérer, parce qu'alors le premier c ou ^ conserve le son guttural qui lui est propre, tandis que le second c prend le son de s et le second g le son de^' (*).
Les consonnes doubles se présentent soit au commencement soit au milieu des mots.
a) Au commencement des mots , la consonne double est une consonne forte qui provient toujours de la consonne finale d'un préfixe qui s'est assimilée à la consonne initiale du mot simple, par exemple appauvrir, de ad et pauvre.
b) Les consonnes qui se doublent à la nMiale sont les liquides l, n, m, et les linguales s, t. Dans la règle, le doublement des consonnes ne devrait avoir lieu que dans l'avant-demière syllabe accentuée, c'est-à-dire, suivie d'une syllabe muette; tandis que toutes les syllabes atones sont brèves, la pénultième tonique est le plus souvent longue quand elle est suivie d'une consonne simple, comme dans frêle, idiame, zone, rose, date, et elle devient brève quand elle est suivie d'une consonne redoublée, comme dans dette, pomme, couronne, rosse, datte
(1) On a vu plus haut (S 43) ce qu'il faut penser d<}S autres exceptions ù cette rè^Io. générale posée par rAcademic : < Quand une consonne est l'edoublée au milieu d'un mot, on n en pix>nonce ordinairement qu'une seule. » L'Académie dit doubler ou reoUfUbler la consonne, mais le doubUiment et non le redoublement des consonnes.
<§ 19). Mais les exceptions à cette règle abondent, et la pènnlôème accentuée peut être brève quoique suivie d'une consonne simple, par ex. pardcj et d'autre part le doublement de la consonne a souvent lieu sans nécessité après une voyelle atone, puisque cette voyelle est toujours brève, de telle sorte que la consonne qui suit ne sert à rien et est une lettre, complètement j)ara^rtéî, par ex. honneur ^ rayonner^ baronnie, cantonnier^ monnaie, tonner^ sommet, etc. En revanche, après un e muet qui doit recevoir l'accent tonique, le doublement de la consonne est nécessaire et produit le même effet qu'un accent grave sur le e^ comme dans qu'il inenne^ il jette, il appelle^ c'est-à-dire : viène^jète, appelé (§ 45).
Lorsqu'une consonne finale qui se prononce est suivie d'un mot qui commence par la même lettre, la prononciation des deux consonnes est toujours de rigueur; et l'inobservation de cette règle pourrait donner lieu à des équivoques. Ainsi on ne prononce pas : ?1 le dit comme il dit,
5. Si deux consonnes qui se suivent dans le corps d'un mot sont d'intensité différente, c'est-à-dire, l'une faible et l'autre forte, il y a assimilation incomplète et la faible s'accommode à la forte (§ 21) : obtenir (prononcez optenir), abstenir (apstenir)^ iibserver (opserver), presbytère (prezbytère) ; quelquefois c'est la première qui s'assimile la seconde : am<^dote (anedote).
Après les liquides n et /, la sifflante s a le son faible dans : Alsace^ balsamine et dans la syllabe trans suivie d'une voyelle : transaction^ transit^ etc.
6. A la /î« des mots, les consonnes consécutives se traitent d'une manière particulière soit pour l'orthographe, soit pour la prononciation (v. § 56).
m. Consonnes finales
1. Quand le mot est terminé par une seule consonne, cette consonne ne peut être qu'une liquida : mer^ sel, bâtoUf faim, ou une muette ou spiranie forte, savoir : c, t, py /", s, qui se prononcent ou ne se prononcent pas, selon les cas : sac, habii^ cep, eeut, avis»
En principe, le mot ne peut finir par une douce ; c'est pourquoi le V latin final devient f: bov-em bœuf, et le i consonne i voyelle : maj'us mai. Dans pied, joug, le rf et le g' devraient être remplacés par ^ et c; il n'y a d'ailleurs que fort peu de mots terminés par g, il n'y en a point par b et un petit nombre par d: chaud, nœud, etc.
Le français moderne ne laisse en général subsister la consonne finale muette que quand elle reparaît dans un dérivé. C*est d'après cette règle que Ton écrit
salut, lait, à cause des dérivés salutaire, laitière, tandis que Ton écrit, sans t, vertu et tous les mots terminés phonétiquement par é=at latin, comme bonté de bonitatem, parce que le t latin ne se trouve point dans les dérivés; dans les adjectifs et participes passés, la finale est supprimée si elle n'existe pas au féminin, encore qu'elle reparaisse dans les autres dérivés : nu, nue, malgré nudité.
2. Si le mot est terminé par deux consonnes, la première doit être r, n ou /», et la seconde une muette forte ou 8 : portj satts; c'est la raison pour laquelle il ne peut pas y avoir de doubles lettres finales, ainsi ferrer et fer^ elle et Uy année et an (§ 38).
Le d et quelquefois le 9 et le 6 se présentent d'une manière irrégulière dans un certain nombre de mots: rotid, grande fiomh^ bourg, étang. Les autres formes irrégulières sont surtout modernes, comme rapt, ^s (v. n^ 5).
Un mot ne peut jamais finir par trois consonnes muettes : ainsi le f a disparu dans tu mens, au lieu de tu ments, à cause de la terminaison s, qui ne pouvait être supprimée; tu prends est irrégulior, il faudrait tu prens; dans temps, le p doit rester à cause de tempérer, temporiser, mais le s est de trop.
3. Le principe général de l'orthographe française, en ce qui concerne les consonnes finales, est le suivant :
Si un mot doit se tominer, pour l'oreille, par une consonne, on fait suivre cette consonne d'un e muet qui la rend sonore : étuve (^). Cette règle s'applique à toutes les consonnes, excepté /*, qui s'écrit presque toujours /, et r et /, qui se rendent des deux manières. Le tableau suivant indique la manière ordinaire et normale d'écrire à la fin des mots le son des consommes ou articulations de notre langue.
Articulations hnales Lettres Exemples.
aj } ge marge.
ch che marche.