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DU VOCALISME DANS LES LANGUES INDO- EUROPÉENNES EN GÉNÉRAL

§ 6. — On entend par vocalisme la théorie qui rend compte du rôle des voyelles et de leurs permutations, soit dans la formation et la dérivation des mots d’une même langue, soit dans la comparaison de plusieurs langues entre elles.

Les langues indo-européennes se distinguent par une sensibilité particulière des voyelles, c’est-à-dire par leur variation d’intensité, suivant le plus ou moins d’importance de la syllabe que la voyelle occupe par rapport au reste du mot. De là un double système de gradation des voyelles, affaiblissement d’une part et de l’autre renforcement. Il convient de tenir compte aussi, d’une langue à l’autre, des simples substitutions de voyelles qui ne fortifient ni n’affaiblissent les syllabes qu’elles affectent.

L’affaiblissement des voyelles a lieu suivant une échelle de pesanteur relative partant de la plus forte de toutes, qui est l’a (é et Ô s’y substituent le plus souvent en grec et en latin), descendant à l’a, à IV et jusqu’à la suppression de la voyelle trop légère.

Le renforcement s’effectue par une triple voie : 1° par l’allongement de la voyelle brève; 2° par sa transformation en diphthongue; par sa nasalisation, c’est-à-dire par l’adjonction après la voyelle d’une nasale qui lui donne un son approchant du français an, in, on. Nous ne faisons qu’indiquer pour le moment ce dernier procédé, qui est usité dans les flexions sanscrites. Les verbes grecs et latins en ont

conservé des traces , par exemple , sXaêov ;

rurnpo, rupi , sscr. lumpâmi, alupam.

L’accent tonique et la compensation sont les causes principales des variations d’intensité des voyelles.

Les variations phonétiques des voyelles, par affaiblissement, par renforcement et par simple substitution, ont lieu dans quatre circonstances différentes :

1° Elles modifient les voyelles radicales, affixales, flexionnelles, dans la formation des mots. Ainsi la \J d/ià de dadhàmi (TiOmp) devient dhi au participe passif védique dhi ta (posé); la syllabe ni formative des verbes de la 9' classe sanscrite devient nâ devant les désinences légères du singulier : krininias (nous vendons), krinâmi (je vends). A l’inverse karaumi (je fais) devient, devant les désinences lourdes du pluriel, kurmas (nous faisons).

2° Elles différencient les dialectes d’une même langue. Tel est le dorien iroifiav en face de l’ionien ttoi[A7(v (berger).

3° Elles différencient les âges successifs d’une même langue. Tel est F ancien latin voster en face de la forme classique v ester.

4° Enfin elles différencient entre elles les langues congénères, comme nous le verrons en comparant ici le sanscrit avec le grec, le latin et les langues germaniques.

Nous ne considérons en ce moment que les permutations internes, qui ont lieu dans les mots isolés, et non les permutations externes, s’exerçant entre les finales et les initiales des mots qui se touchent soit dans la composition, soit dans l’euphonie résultant simplement du voisinage.

VOCALISME.

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