‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 24 sur 100 · Aussprache, I · texte numérisé non relu

Aussprache, I

un n suivi d’une muette : contingere de langere ; per fr ingéré de frange ré). Ex. : per egr inus à'ager ; consecro de sacro; iners d ’ars; condemno de dam no ,confectus de facio, cp. conficio; coerceo à'arceo ; biennium d ’annus; dispergere de spargere ; anceps de caput; pontifex ( x=cs ) de facere, cp. pontificis; incestus de cas tus.

L’a se transforme encore en e devant r : vipcra de vivipara; puer per a de puerum pariens; juniperus de junices pariens ; l’influence de r s’étend même à l’a qui le suit : progredi de gradior.

L’e se transforme en i : assideo de sedeo; cotligo de /ego; redimo d'emo; conlineo de teneo. Il revient à lui-même devant les groupes de consonnes : collectas, redemptus, contentas.

L'ô se transforme en ï dans cognïlus de notas ; æ en l dans inquîro de quæro ; concldo de cædo; iniquus d'æquus; existimo d ’æstimo; au en ü dans accüso de causa ; inclûdo de claudo, etc. *.

L 7, l’o et Vu demeurent intacts.

§ 28. — Les redoublements des parfaits latins sont encore une source de modifications pour les voyelles.

1 . Dans ces mots, ce, au ne sont pas primitifs, étant euxmêmes le résultat de renforcements de racines en i et u. Ainsi æ quus se rattache à une \J ic (V. Corssen, Beitræge, p. 255); claudo est la forme renforcée d’une \j clu, dont l’analogue se retrouve dans le germanique q sluz, ahall. sliuzan , nhall. schliessen (fermer) ; causa est issu d’un participe à radicale renforcée de eudere (frapper) ; cp. c/ausa de clauderc. Mais les 1 et ü longs des composés n’en sont pas moins des dégénérescences de formes renforcées en ai (æ) et au.

VOCALISME.

Celle de la syllabe réduplicative est le plus souvent e comme en grec. Cependant il faut en excepter tous les verbes à o radical et dans les autres, didici, cucurri , tutudi, qui redoublent la voyelle radicale. Quant à cette voyelle radicale elle-même, dans les formes «à redoublement, a s’allége en i : cado-cecïdi , cædo-cecïdi, cano-cecini, pango-pepigi, tango-letigi ; ou en e : fallo-fefelli , parco-peperci , pario-peperi. Les autres voyelles se maintiennent : pedo-pepedi , pendo-pependi , tendotetendi ; disco-didici ; mordeontomordi, spondeo-spooondi , tondeo-tolondi ; currocucurri , tundo- tutudi 1 .

§ 29. — Le voisinage immédiat ou même médiat d’une voyelle agit en latin sur une autre voyelle. Ainsi la radicale i des verbes ire, quire , s’accommode en e quand elle est suivie d’une voyelle de flexion : queo, eo. De même pour le démonstratif is, ea ; et pour deus qui vient de dwus après chute du

Entre deux syllabes voisines, le changement a lieu par assimilation, dans nihilum pour ne-hilum; rnihi, tibi, sibi, pour * mehi, * febi, * sebi; soboles, socordin, pour * suboles , * secordia; tugurium pour * tegurium ou * togurium.

Au contraire il a lieu par dissimilation dans les

t . Deux verbes ont des parfaits redoublés à forme irrégulière : tollo, arch. trtuli , et /telle, pepuli, que la forme archaïque polio (cp. vertere , arch. eortere) rapproche de tollo. Mais le supin pulsum fait penser que pepuli, et peut-être aussi tetuli, opéraient un retour vers d’anciennes racines pul, lui.

2. La chute du v ne produit pas le même effet dans le verbe ire : îvit devient ut sans modification de 17 long.

suffixes nominaux en etas pour ilas après des thèmes finissant en i : soci-etas, etc. Le suffixe inus devient enus dans le même cas : ali-enus, etc.

Mais ces assimilations et dissimilations ne s’exercent pas assez régulièrement pour qu’on en puisse inférer des lois tout à fait générales.

§ 30. — Une partie des finales qui sont comptées comme brèves à la période classique, étaient originairement longues en latin comme dans les langues congénères. Leur tendance à s’abréger s’explique naturellement par ce fait, que les finales latines ne portaient pas l'accent. M. Corssen s’est efforcé de prouver ‘ que cette révolution dans la quantité de beaucoup de finales, qui est accomplie dès le siècle d’Auguste, ne l’était pas encore dans la période antérieure. Selon cet éminent linguiste, la prosodie d’Ennius et de Plaute, étudiée de près, révèle une foule de finales longues qui, chez les poètes classiques, n’apparaissent plus comme telles que par exception et à la césure. Malheureusement, la démonstration tirée des exemples conservés dans les classiques est souvent énervée par cette circonstance, reconnue de M. Corssen lui même’, que dans la versification grecque et latine, la césure suffisait pour rendre longues les finales brèves les plus naturelles. On est donc amené malgré soi à récuser, comme preuves incertaines, les exemples où la césure entre pour quelque chose, et à se contenter des rares occasions où la finale apparaît longue à la

Page 1