GH. COUP
â, n et ci). Les dialectes varient à cet égard : l’attique et surtout l’ionien changent en r la plupart des â, tandis que l’éolien et surtout le dorien conservent Yâ primitif. Ainsi la y/Xax (faire du bruit, présent Xauxw) que l’aoriste second a conservée à l’état pur, êXaxov, fait au parfait XsXRjca, dorien ; XavQavu (être
caché) , aor. second eXaOov , fait au parfait attique XE'Xïiôa, dorien XéXô0a. Le sscr. dadàmi (je donne) et dadhâmi (je pose) devient et tiÔrju; la dé-
sinence ârn des génitifs pluriels sanscrits devient <av; les désinences verbales du duel tâm deviennent trv, tcüv, etc.
En latin Yà sanscrit se conserve quelquefois, par exemple dans mater , frâter , sscr. mâtar , bhrâtar; dans les accusatifs pluriels féminins en âs, novàs = sscr. nai’âs. Mais le plus souvent il est représenté par ô ou s’affaiblit en â ; ex. dàtùrem, sscr. dâtâram; nôtum = sscr . gnâtum (connaître); pôtus, \J pâ (boire); suff. tôr, sscr. târ. L 'à et l’ô s’équivalent dans igndrus et ignôrare. Le sanscrit à est aussi représenté en latin par ë;ex. : sêmen, y Isa (semer); et même par ë: gënu, sscr. gânu (genou).
L’ancien haut-allemand a conservé en beaucoup d’endroils Yâ primitif, pendant que le gothique, auquel manque cette voyelle, la remplaçait par ë et par ô. Ainsi les pluriels gothiques en ôs, dagôs (les jours) , sont équivalents aux pluriels sanscrits en âs. On a en gothique rêda (je réfléchis), ahall. râthe ; goth . jÿra (année), ahall . jâr (allern. mod. jahr)\ lêla — làzu (je laisse); b/ësa = blâsu (je souffle), etc. C’est à cet ë gothique que se rattache Yea de l’anglais dans les mêmes mots, lo read, year.
VOCALISME,
§ 34. — L’allongement de Va se pratique en grec et en latin non moins qu’en sanscrit. En grec il a lieu en 7) dans ‘ktkrïïa., etXufa, de XavSavw, Xap.êavtd ; en u dans irrwffffw (craindre), dont l’aor. 2 êirTaxov a conservé la racine pure, etc.
L’e équivalent d’a se renforce quelquefois par la simple transformation en o, qui est une voyelle plus pesante, comme Vu par rapport à IV. Ainsi s’explique, selon Bopp *, la différence de ^opo; (tribut) et de çopÉfa) avec <pépw; de yovoç (partus) avec ye'voç (genus); de T5Tpo<pa avec Tpsçu ; de XAoitox avec Xeurw ; de loyo; avec etc. Par la même raison t\ se renforce en <ù dans Ippwya (je suis brisé) , de pvfyvupu (je brise).
La même proportion de poids existe en latin entre l’e et l’ô équivalents de Va primitif. De la ^ sscr. man (penser), vient le latin mens, auquel moneo se rapporte exactement comme se rapporte à manas= mens le causatif sanscrit mânajâmi (je fais penser). Même rapport entre fero et fors, entre pendo et pondus, entre tego et toga, entre nex et noceo, etc.
Le latin renforce Va en à dans âcer, cp. actes; plâcare, cp. plâcere ; làbi, cp. làbare , etc.; l’é eu ê dans lëgem de léger e ; rêgem de rëgere; tëgula de tëgere, etc.; l’ô en à dans sôpio, cp. sôpor; dans voce m, cp. vôcare, etc. L’ô renforce un â dans dôtem, dônum, cp. dâlor.
Quelquefois u représente en latin ô, et par conséquent un ancien â; par exemple dans les génitifs pluriels en um , rum , comparés au grec wv et au sanscrit ârn (dans le latin archaïque ils s’écrivaient en om');