‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 29 sur 100 · LA VOYELLE U · texte numérisé non relu

LA VOYELLE U

§ 40. — La voyelle u est primitive en sanscrit dans budd/ia (sapiens), y/ budh (savoir), cp. mvSavooat; dans juga, £uyov, jugum, goth. juk (joug), sscr. y / jug (jungere), etc.

En certains cas elle s’allonge. Dhur (timon), acc. sing. dhuram, fait au nom. sing. dhür pour * dhurs , au pluriel dhürbhis, etc. De même en grec l’u «le v&wp est tantôt bref, tantôt long, suivant les cas.

En grec, en latin et en gothique, l’allongement pur et simple de 1 u ne se laisse guère distinguer de son guna.

Ce que nous avons dit des renforcements de IV en sanscrit et dans les langues congénères s’applique également à l’a. Le guna de l’a en sanscrit est au. On le

VOCALISME.

trouve dans baudhati (scit), j budh; dans jujauga (junxit), yj jug. Bhavali (fit) est le guna de y] bhü (<puto), pour * bhauati.

La vriddhi de Vu est âu; elle sert surtout aux dérivations secondaires. Ex. : de juga (jugum), on a fait dériver par guna jauga (méditation) ; et de là par vriddhi jâugika (adonné à la méditation).

§41 . — Le guna de l’use représente en grec par au, su, ou. Le plus fréquent de beaucoup est su. Telle est la relation de <peuyw à l’aoriste é<puyov; de 7«uâofi.at, y] budh (savoir), au parfait Tvéiruop.at. Zeuç remplace par un simple guna la vriddhi qui est dans le sanscrit correspondant djàus (ciel), de dju, yj div (splendere).

Au est le guna de l’u dans aûw (allumer), comparé au latin urere, yj u.s (le s s’est conservé dans ustum ). Ou est un guna dans l’homérique eiXvftouSa, cp. ■«T.uôov (je vins); dans plusieurs formes dialectales; dans oiïouSio (hâte), de (se hâter), contenant lui-

même le guna d’une j spud que l’on croit retrouver avec une légère altération dans le latin sludere; dans 7.0ÛW (laver), comparé à ).upi (ordure), XuÔpov (humeur), et au latin luere.

§ 42. — Le guna latin de Vu ne se fait jamais en eu, mais en au et surtout en ou qui, dans la période classique, s’est transformé en ü. C’est ainsi que pour Lücina, lumen , plus, jüs, jüdex , jürare , on trouve les formes archaïques loucina , loumen, pions, jous, joudex , jour are.

La forme doucere (inscription funéraire des Sci-

pions : abdoucil ) ne laisse pas de doute que Vû de dûco ne soit un guna de Vu, qui est dans dücem.

Au est un guna dans aurum et aurora, venant tous deux de urere , sscr. ^ us (brûler, briller; un grand nombre de racines confondent les deux sens), cp. sscr. usas (aurore). On reconnaîtra également un guna dans av (pour au) de lavere , forme renforcée de luere, cp. Touto.

§ 43. — En gothique le guna au s’est affaibli dans beaucoup de cas en iu *, lequel s’est affaibli encore en ie dans le haut-allemand moderne. Tuh, qui représente le latin ducere , et qui est pur dans tuhum (nous conduisîmes), reçoit le guna dans lauh (je conduisis), et le modifie en iu à l’indicatif présent tiuha (je conduis), nhall. ich ziehe. De même lub (aimer, cp. lat. lubere), angl. love , fait lubum (nous aimâmes), liuba (j’aime), nhall. ich liebe ; bug (plier), angl. bow, fait bugum (nous pliâmes), baug (je pliai), biuga (je plie), nhall. ich biege.

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