‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 35 sur 100 · Pour les détails, consulter Matthiæ · texte numérisé non relu

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«le l’Iliade (VIII, 517) donne l’exemple des trois procédés :

Kvîpuxe; &’dvà acxu Ail <p&ot àyye'XXovTwv.

L’élision y est opérée entre et àva; elle n’a pas lieu entre àvà et aura, parce que dans ce dernier mot l'esprit doux équivaut au digamma : fuavj, sscr. vastu (ville) ; enfin entre <pt"Xot et àyye>.}.ovT<i>v l’élision rend brève la diphthongue ot.

Le grec offre aussi, mais chez les Attiques seulement, quelques exemples d’un genre d’élision que nous avons vu pratiqué quelquefois en sanscrit. Lorsque la voyelle finale est longue et l’initiale brève, l’initiale est sujette à tomber. Ex. : ttoù ’gtiv, pour itoù ê<mv (quomodo est?); èptoO ’-axouGov, pour èxaxouaov 1 (audi me).

L’élision a lieu en grec comme en sanscrit dans la formation et la composition des mots : eir-oàoç, &£-o£oî, etc.

§ 56. — Latin : Hiatus. — La poésie latine ne souffrait pas l’hiatus entre les mots, et il est tout à fait probable qu’il en était de même en prose. Mais l’écriture latine n'indiquait pas la suppression de l’hiatus ; c’était à la prononciation d’y suppléer.

A l’intérieur des mots latins, aucun groupe de voyelles ne fait dissyllabe s’il commence par a. Les autres groupes se sont conservés à l’état dissyllabique, surtout quand les premiers éléments en sont u, i, ou e provenant de i : lues, patrius, eunt. Les composés

i. V. Maitbiæ, § 46. On trouve aussi de ces exemples dans l’ancienne prosodie latine, notamment dans Plaute : bonum'st.

gardent aussi des hiatus qu’on ne trouverait pas ailleurs, par exemple ee, oo : deesse , cooptare. Quant à u et i, le latin n’en craint pas le doublement : quercuum, tuus, filii, etc. L’hiatus, en latin comme en grec, a souvent pour cause la chute d’une consonne intermédiaire : fluere est pour * fluvere, cp. fluvius , boare pour * bovare , cp. bovis.

§ 57. — Contraction. — Elle a lieu souvent en latin à l’intérieur des mots, les voyelles voisines se changeant alors, soit en dipthongue monosyllabique, soit en simple longue. Ainsi a+e — à : amârunt pour amaverunt ; a+ i= æ : rosse, pour rosai ; ou = ë : amem pour * amaim ; a+o = ô ■' amo pour * amao ; e + i = ë : doces pour * doceis; omnes pour omncis ; e + o = ô : nôlo pour * nevolo ; i + e = t : sim pour * siern ; fili pour * filie ; o+i — ô dans bono (dat. sing.); o + i = ï dans boni ( gen. sing. et nom. plur.) ; « + /=û dans senatûs pour * senatuis ; l’ancienne forme était senatuos. D’autres fois ui se contracte en monosyllabe, comme huic, cui sont souvent comptés par la prosodie'.

§ 58. — Elision. — Devant la voyelle initiale d’un mot, la voyelle qui termine le mot précédent est toujours élidée en latin. Ce peu de résistance s’explique parce que les finales ne portaient jamais l’accent. Le latin se distingue du grec à cet égard, d’abord parce que la finale, longue ou brève, s’élide également 1 ;

\. Pour le détail des contractions latines, consultez Léo Meyer, I, 290-IH6, et Corssen, Jussprachc, II, 131-183.

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