‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 49 sur 100 · V. Corssen, Aussprache , t. I, p · texte numérisé non relu

V. Corssen, Aussprache , t. I, p

2. Il en serait de même en grec, si lijîpiî se rattache à Gitép, cp. super et supcrbia; et même en sanscrit, dans le suffixe dri, qui selon M. Benfey {Grammaire complète, p. 133), se ramène au suffixe tri.

IS S9j

Cette accommodation va souvent jusqu’à l’assimilation. Ex. : summus, pour *supnws de super ; pue/ fa = *puerula ; flamrna = * flagnia, de flagrare.

L’assimilation a quelquefois lieu en sens inverse, l’antécédente assimilant la subséquente, comme dans les superlatifs en ssimus pour *slimus, rrimus pour *rtimus, llimus , pour *ltimus ; dans velle pour *vel-re (vouloir); dans Pollux pour *Poldux, du grec IIoXu$gux7i;.

Quant à l’accommodation des consonnes que la composition met en contact, elle varie selon les époques delà langue latine. En général, plus on remonte dans le latin archaïque, plus on trouve l’orthographe tolérant des contacts de consonnes dissemblables. Quelques anciennes accommodations, comme venun- (lare ( venumdare ), eundern ( eurndem ), disparurent, il est vrai, de l’orthographe classique ; mais le plus souvent on trouve accomplies dans cette dernière des assimilations que l’archaïsme n’admettait pas encore. Ex. : afferre [ad- ferre), sufferre ( sub-ferre ), dli (ferre (dis- ferre) ; colluqui (arch. conlorjui), corrurnpere (arch. conrumpere), etc.’. En un mot, les assimilations vont se multipliant dans la période classique, jusqu’à ce que, s’achevant, elles produisent au lieu du latin l’italien : objeclum — oggetio.

Dans les composés dont le premier membre finit par un m, si le second commence par une voyelle ou un h, il y a élision du m, mais non de la voyelle qui le précède. Ex. : co-ire , circu-ire, co-hibere, co-

i . Sur les rapports de ces assimilations à la loi de transition, v. g 74.

hors, etc. La chute de la lettre finale se rencontre en beaucoup d'autres cas dans la composition, et même dans la dérivation et la flexion. Ex. : a-vertere pour *ab-vertere ; suasi pour *suad-si, de suadere; miles pour *milet-s, cp. milil-is , etc.

La dissimilation joue aussi son rôle en latin. Elle étend son influence d’une syllabe à l’autre. Ainsi les suffixes de dérivation ris, lis, aris, ails, qui ont la même origine et le même sens, s’emploient de préférence, aris, dans le cas où le radical contient un l : militaris, epularis , stellaris ; et alis, dans les cas oii le radical contient un r : rura/is , muralis, materia/is. Mais la régie n’est pas absolue : fluvialis, lethalis, Palilia (fêtes en 1 honneur de Palès) et nombre d’autres mots y échappent.

On attribue encore à une espèce de dissimilation, et à l’embarras qu’on éprouvait à prononcer deux syllabes semblables de suite, les chutes qu’on remarque en des composés et des dérivés tels que ceux-ci : nutrix, pour *nulritrix{ (?) de nutrire; antes tari pour *antetestari ; verte ficus pour * veneni ficus ; stipendium pour * stipipendium; semestris pour *semimestris (âgé de 1 5 jours : luna semestris). La même chute se produit en grec, dans pour

[/.é&ijAvov (demi médimne).

La métal hèse n’est pas absente non plus de la langue latine. Celle de r, qui est toujours la plus commune, se trouve dans crevi de cerno; sprevi de sperno; stravi de s ter no.

§ 90. — En finales, le latin accepte toutes les consonnes, à l’exception de q, g, p (sauf dans volup),

/, p, f\ h. Pour les groupes, il accepte une liquide, un n ou un s, suivis d’une sourde gutturale ou surtout dentale : ne, nt , rt , il ou si; ou une explosive suivie d’un s : abs, urbs, suff. trix (tric-s) ; mais jamais deux explosives de suite ni une consonne géminée.

L’accommodation entre les consonnes d'un mot à un autre, qui règne en sanscrit et se manifeste un peu en grec, n’existe presque pas en latin. On ne peut guère citer que ab et ex , dont la finale, obligée devant les voyelles, peut à volonté être supprimée (a, é) devant les consonnes.

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