‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 52 sur 100 · ET LEURS TRANSFORMATIONS EN LATIN · texte numérisé non relu

ET LEURS TRANSFORMATIONS EN LATIN

§ 99. — La condition des gutturales se complique dans cette langue : 1° par la confusion qui s’y est faite en certains cas entre le c et le g; 2° par la présence d’une lettre nouvelle, q, et des groupes qu, gu, spéciaux au latin; 3° parlabsence de la gutturale aspirée et son remplacement par f, par h et par le simple g'.

Nous traiterons à part chacun de ces points, après avoir constaté la persistance et les transformations des gutturales latines analogues à ce que nous avons vu pour le sanscrit et le grec.

§ 100. — C,G. Lee latin partage avec q la transcription de la gutturale sourde originelle. Ce c se

prononçait comme un k devant toutes les voyelles’. De même le g se prononçait guttural.

Par suite du manque de gutturales continues dans l’alphabet latin, le c et le g s’y sont maintenus dans la plupart de leurs places originelles : creare, yj kar (faire) ; meure, y/ vak pour * vak ; cor, sanscrit hrd pour * kard , etc. De même pour le g : le sanscrit gana (race), correspond à genus ; gâriu (genou), à genu; y] g? (sonare, canere), à garrio, garrulus, gallus (pour * garlus ), etc.

§ 101. — Le latin a beaucoup moins que le grec et même moins que le sanscrit, de ces mots où la gutturale originelle s’est probablement changée en labiale*. Il a maintenu l’état primitif dans quinque, contre le sanscrit panliun et le grec ire'vTt ; dans equus contre îiriroç ; dans coquo contre paRârni et iréuTto, etc. M. Schleicher va même plus loin. Selon une conjecture de ce savant philologue, le latin n’of-

d. Voy. Corssen, Ausspraclic , 1 . 1, p. d8-30. Cette prononciation, prouvée par les transcriptions grecques, ne souffre d’exception que lorsque le c est suivi d’un groupe de voyelles commençant par i. Il se confond alors avec le t. C’est ce que prouvent les variations d’orthograplie Mutius-Mucius, convicium-convitium, eic. 11 est probable que la commune prononciation se rapprochait de ts, ainsi que tendent à le prouver les inscriptions, Constantso pour Constantio; les transcriptions grecques, SovaÇto pour dnnatio; et la transcription gothique kavtsjon pour cautionem. Il en est résulté le s italien, cauzione. Quant aux groupes gia, gin, etc., c’est seulement vers la lin de l’Empire qu’on commença à les prononcer à l’italienne. Voy. Corssen, ouv. cit., 1, 45.

2. Nous verrons plus loin, § d 04, sur quelle raison se fonde l’opinion de l’antériorité des gutturales.

frirait jamais par lui-même le changement de c ni de q en p. Quand ce changement s’y présente, il serait dû à des emprunts, soit aux langues celtiques, soit à l’osquc et à l’ombrien, qui, en effet, changent normalement le q latin en p. Ainsi quis devient en ombrien pis ; quod devient en osque pud; quinque = pomptis ; Quinlius = Pompeius. Par conséquent, les mots dans lesquels p est en latin pour un k primitif ne seraient pas du fonds latin. « Petronius, Eporui sont celtiques, cp. lat. quatuor , equus. Popina est osque, cp. lat. coquina, coquere. Palumbes , à côté du latin colurnba, doit sans doute aussi venir de l’osque. Si lirnpidus et liquidas sont deux mots identiques, comme on le prétend généralement 1 , le premier doit être une forme dialectale, et non originairement latine. Si lupus est réellement le grec Wxo;, il a pénétré aussi par l’intermédiaire de l’osque, ou du sabin, ou de l’ombrien, etc*. »

M. Corssen a fortement contesté cette vue. Il a montré 5 des exemples où certainement p est issu de c dans des formes aussi latines les unes que les autres. Telle est l’enclitique j>e de quippe , nempe, qui est la même que ce, cp. ecce, hicce ; de même quispiarn est pour quisque-jam. Quoi qu’il en soit, les exemples de ce genre sont rares, et l’on peut conclure, ce semble, que si la transformation de k en p n’osl pas étrangère au latin, au moins ne lui est-elle pas familière; tandis qu’elle est normale dans les dialectes

t . Rien n'est moins sûr : limpidus se rattache peut-être ail grec XetfXTtü» (briller), Xauitpô; (clair).

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