‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 53 sur 100 · Nachtrâ ge, p · texte numérisé non relu

Nachtrâ ge, p

italiotes voisins, d’où elle a pu se glisser dans le latin lui-même.

Le latin n’offre qu’un seul exemple du changement de^en b. C’est bos pour le sanscrit gau, qui a fait, par son isolement, soupçonner peut-être ici un emprunt direct du latin au grec. La mutation latine normale est en v. Ainsi vivere vient de y !giv; venire se rattache à \J gà; vorare à gr (avaler), qui a fait en grec êpw<7xw. La même permutation se constate à l’intérieur du latin entre ningere et raves; entre fluctus, confluges et fluvium.

§ 102. — Dans le plus ancien alphabet latin, la lettre c représente à elle seule les deux sons de k et de g. On en a conclu que la langue dut traverser à cette époque une période de prononciation incertaine entre la sourde et la sonore gutturales, analogue à celle que l’on constate aujourd’hui dans le haut-allemand 1 . Quoi qu’il en soit, c’est de là que proviennent certains échanges entre ces deux lettres, tels que viginti pour *vicinti , cp. sscr. vïeati et gr. eïxaxi (dor. pour eïxoen); negotium pour nec-otiurn ; gubernator pour le grec xuëepvéxïiî ; l’incertitude qui régna toujours entre Caius et Gains , etc.

Le grec a aussi quelques-uns de ces g pour k. Comparez [xâysipoç (maigre) au latin rnacer ; pucyco à misceo. En général il existe entre le sanscrit, le grec et le latin, des permutations sporadiques de sourdes en sonores et réciproquement, telles que y/ guh (cacher), gr. xeuâw ; dih (teindre), lat. tingere. Mais ces exem-

Page 1