‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 54 sur 100 · Corssen, Aussprache, I · texte numérisé non relu

Corssen, Aussprache, I

pies sont trop rares et clairsemés pour qu’on puisse leur assigner une régularité quelconque et en conclure une loi philologique.

SS 103-106. LE q LATIN ET LES GROUPES

qu, gu, du.

§ 103. — Q correspond au kappa phénicien. Cette lettre, étrangère à l’alphabet grec classique, fut empruntée par les Latins à l’alphabet dorien de Cumes et de Sicile. Elle ne marche en latin que suivie d’un u consonnant, qui joue en partie le rôle de v, comme nous le verrons en parlant de cette dernière lettre, représentant ainsi le groupe primitif kv, qu’on retrouve rarement en sanscrit où il s’est tout au moins changé en çv. Ainsi le latin queror, questus, se rapporte à y/ çvas pour *kvas (soupirer). Ainsi encore açva pour *akva répond au latin equus. Mais le plus souvent, peut-être par suite de la chute du u dans le groupe Av, le qu latin ne remplace plus qu’un k sanscrit ou son équivalent. Ex. : quis = \é d. kis; quod = véd. kad; quatuor — katvàras ; coqu > = pakàmi ; quinque — pankan ; quiesco = yj çï.

Disons tout de suite que cette adjonction de l’« ou du e au k et à ses équivalents n’est pas spéciale au seul latin : on la retrouve aussi dans les langues germaniques. Le gothique hveita (blanc) répond directement 1 au sanscrit çvaila; et le goth. huas, ahall. hwer (qui) , répond au ka sanscrit. Dans les langues germaniques modernes h initial est tombé, comme dans

i . Pour le A gothique répondant au k sanscrit, voy. plus loin, § 132.

en. comp. S

l’allemand weiss, wer, ou a subi une métathèse comme dans l’anglais while , what. Le dialecte écossais a seul gardé l’ancienne forme : quhat , quhair (avec h inorganique), pour«7irtf, where 1 .

§ 1 04. — On s’est posé la question d’origine pour les groupes kv (qu ) , gv (gu), dv ( du ). Sont-ils primitifs ou proviennent-ils de l’adjonction d’un de leurs éléments à l’autre ? À cet égard, trois opinions sont en présence. Bopp’ regarde le v comme une adjonction euphonique. PourM. Benfey 5 , au contraire, le v serait la lettre fondamentale qui aurait appelé devant elle une gutturale euphonique*. Peut-être ces deux manières de voir ne sont-elles pas inconciliables, et se rapportent-elles chacune à des cas différents, d’où résulterait une tendance générale à grouper ensemble, sur l’appel de l’un ou de l’autre, le y avec une guttu-

1. Says God to t/ie Hielandman : * Quhair wilt tliou now? » Vers du xvir siècle cité par Macaulay, Hist. of Engl., ch. xiu. Voy. J. Griinm, Deutsche gramm., I, 516. Il se peut que l’anglais i ohr.t, etc., n'ait pas subi de métathèse, mais qu’il vienne, par diute de la gutturale initiale, d’une forme analogue à quhat.

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