‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 55 sur 100 · Gr.comj)., §86, t · texte numérisé non relu

Gr.comj)., §86, t

3. Kze Gramm., § 21 8. Les raisons données sont ingénieuses : ce seraient victus (vivres) pour * vicvtus , de vivere ; facio pour ' facvio, de bhâvajàmi (?), causant de bhù (être) ; jacio pour "jacvio, de hjàvajâmi, causatif de y / hju (movere); et les parfaits grecs en xa, dont l’origine serait xfa, par adjonction de k à un auxiliaire tiré de cpôoj.

4. On peut encore alléguer en faveur de cette opinion le gw celtique pour le v latin : gicin = vinum; gwel = vélum ; le gu français pour le v germanique: Guillaume = fVilhelm ; et le gu espagnol pour le w arabe : guad = u-ad (fleuve).

raie ou même une dentale précédente, ou réciproquement. Cependant, elles laissent place aussi à une troisième opinion diamétralement opposée, qui a été soutenue par M. Grassmann ' . Selon ce savant, les groupes Av, gv, etc. , auraient l’antériorité, dès qu’ils se rencontrent ou que l’étymologie les fait supposer. En effet, dans le cours des langues, il y a plus de tendance aux suppressions qu’aux adjonctions; et, dans la plus grande partie des mots où le latin a conservé t/u, le sanscrit qui, dans cette hypothèse, avait primitivement Av, a non-seulement perdu le v, mais remplacé le A par un de ses équivalents, K ou ç, qui indiquent un affaiblissement général. L e g sanscrit lui-même se présente en plus d’une rencontre sous des formes qui font supposer un primitif gv. Tels sont l’adjectif guru (jîapv, grave), avec son comparatif garïjâs et son superlatif garisllia ; la y/ gau (compter) avec sa variante gun. Ces formes diverses s’expliquent en supposant des primitifs* gvaru, *gvan , d’où seraient tombés tantôt le v et tantôt l’a.

§ 105. — Quoi qu’il en soit de ces conjectures entre lesquelles nous ne nous sentons pas en état de décider, les groupes kv, gv, primitifs ou appelés par une affinité spéciale des sons, ont l’avantage d’expliquer naturellement la transformation des gutturales en labiales. On ne doit pas oublier que le v joue un double rôle dans notre système de langues. D’un côté

1. Journal de Kuhn , t. IX. C’est le travail le plus complet sur la question. M. Corssen ( lleiir p. 48, sqq.’i en a contesté le caractère absolu.

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il est la semi-voyelle de l’a et peut se résoudre en cette voyelle ; mais d’un autre côté il est la continue qui correspond aux explosives labiales, et à ce titre il peut se résoudre en b ou en p. Ainsi s’expliquerait le passage de guru (*gvaru) en papj (on sait que la prononciation du p grec était équivoque entre b et a) ; de gà en * priai ; de quinque (* kvankva ) en pan/ian et en iî£[ai:ï (éolien); de gau en PoOç, bos, etc. Ainsi s’expliquerait aussi la transformation du g primitif en v latin dans venire , y fgarn: vivere , y/ gïv, etc.

§ ! 06. — Le groupe dv offre les mêmes phénomènes que kv et gv. Ainsi la y/ dvn, qui signifie séparation, dualité, se présente en sanscrit sous les formes dm, dvi, (deux) ; dvis (haïr) etc. En grec, en latin et dans les langues germaniques, la forme est restée pure dans àuco, duo, angl. two, allem. zwei. Le grec a perdu l’u dans le préfixe &£ç. Au contraire le d est tombé et le v s’est durci en b dans le latin bis ; il en est de même pour bellum, bonus comparés aux formes archaïques duellum, duunus. La transition est marquée par le zend dbis (haïr) pour dvi s. Le d est tombé, mais le v a subsisté dans certains mots latins tels que viginti pour *dvicinli (*dvi-decenli) ; suavis pour* suadvis, cp. suadere, le sanscrit svûdu et le grec r,àû.

La suite nous amènerait à parler maintenant de la gutturale aspirée et de ses transformations en latin. Mais nous préférons renvoyer à la fin des explosives l’examen d’ensemble de l’histoire des aspirées dans la langue latine.

SS 107-113. — dentales; leurs permutations en

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