Voy. Kuhn, Herabktinft des feiters, et nos Mythes du feu
l’explosive t à la continue correspondante s. On la constate surtout dans le dialecte ionien. Ex. : cu = tu; êirecov, pour dor. eTierov , de ttiittw (tomber, yj pat). Les formes verbales et nominales en rr , telles que •jupaTTw, ôâXaTTa, deviennent dans l’ionien, qui finit par l’emporter à cet égard, ôâXacca, irpaccw. C’est particulièrement lorsqu’il est suivi d’un i que le t s’affaiblit en ç. Le suffixe sanscrit ti devient en grec et. Ex. : etxoct, pour le dorien eîxaTt (vingt) ; infciç (maître) sscr. pati; <pû<riç, sscr. bhüti (nature). Le suffixe participial to fait des noms en cio, cia, pour tio, via (en latin tia , lies, lion-) : ainsi, d’ap.êpoToç, sscr. amrta (immortel), vient àpêpocta (breuvage d’immortalité , ambroisie) ; de -nr^oùroç (richesse) , 7t>.oucioî (riche). Les flexions verbales en ovn, conservées en dorien : <pépovTi = sscr. bharanti , deviennent ouci : «pépouci , dans le grec classique ; le sanscrit dadâli , dadhâti, y devient â'i&ùct, tiÔtici, pour etc.
§ 109. — Le latin a subi aussi l’affaiblissement du t en s, dans le suffixe des supins et des participes en lum. Ce changement est obligé après les thèmes finissant en d ou en t, lequel tombe ou s’assimile, comme dans defensum de defendere ; clausum. de claudere ; egressurn de egredi ; usuni de uti; missum, passum , quassum, de mitto , patior, quatio. En d’autres cas, le changement est sporadique : flexum , de flecto , fixurn de fi go, mais fictum de fingo; pulsum de pello, mais cultum de colo; mansum de maneo, mais cantum de cano ; pressura de prerno, mais empturn A'erno; lapsum de labi, mais scriptuni de scr ibère, etc.
[§110] CONSOIfHES EXPLOSIVES. 119
Plusieurs autres suffixes, dont nous parlerons en leur lieu, opèrent en latin le changement de t en s'.
Le t latin provient quelquefois d’un p dans le groupe si pour sp. Ex. : studere, cp. gr. «reü&w ; sternuere, cp. gr. itTapvupu pour rapvupiai (v. § 85, note), sscr. \J sphar pour * spar (trembler, vibrer). Nous avons vu (ibid.) un exemple analogue en sanscrit dans \J sthiv (cracher), comparé à spuere et à l’allemand speien.
Nous avons noté (§ 89) la sonorisation du / end par influence de la liquide suivante, dans quadraginta , quadratus , de quatuor. On peut relever quelques cas où la substitution de la sonore à la sourde ne saurait être attribuée à la même cause. Telles sont dans le latin archaïque les finales des ablatifs singuliers comme gnaivod (inscription des Scipions), sententiad (sc. de Bacchan.), comparées à la finale en â£de l’ablatif sanscrit ; la finale de la 3 e personne archaïque de l’impératif sing. act. estod, facitod, comparée au sanscrit, baudhatàt (qu’il sache). Les démonstratifs neutres istud, quod , aliud , sont conformes au sanscrit tad, véd kad , anjad.
§ 110. — D. Le d dental sanscrit est primitif (toujours sauf l’euphonie), et il a été transmis intact en une foule de mots au grec et au latin. Ex. : dadànu = âiÂupu, do ; \J dam = ^optao» = dornare ; vaida = olàa, video ; \J ad — ê&opoa = edo.
Le d cérébro-dental qui en provient est en quelques rares occasions le durcissement d’un l plus ancien,
i. Voy. Corssen, £eitr. t p. 468 sqq.
qu’on retrouve dans le dialecte védique. Ex. : idai, pour le védique liai (j’invoque), cp. îXaoftai (rendre propice); mrd, védique mrl (égayer) *.
§ 111. — Sauf les exemples exceptionnels où nous l’avons vu provenir d’un y, le S grec est primitif. 11 se change en £, comme nous le verrons plus loin, notamment pour représenter le groupe dj, la semivoyelle j n’existant pas en grec. Ex. Z eu; = djàus; j£o[tat pour *GE$jou.ai, \] sid , sedere.
M. Corssen' pense qu’il peut arriver que, sous l’influence d'une nasale précédente, 8 s’aspire en 8; et il cite £av8oç (jaune), qui serait pour *<ncav&oç, d’une yj *skand qu’on retrouve avec chute du s initial dans le lat. candere et dans le sanscrit Randra (lune) ; de même év8a (de là) serait pour *Évàa.
§ 112. — Au contraire du sanscrit où le l primitif se durcit quelquefois en d cérébral, le d latin ’ s’est en plusieurs mots affaibli en l. Ex. : olere , olfacere , cp. odor; levir (frère du mari), sscr. daivar , gr. Wlp ; lacruma, gr. àaxpu, en sanscrit, avec chute du d initial, açrù, de^dêç, cp. gr. &xxvhj ( mordre, la larme étant désignée comme le liquide mordant); les noms propres dérivés en idius ou ilius, Hostidius = Hostilius ; Ulysses — ’O^uccreu;.
1 . Voyez sur ce point la note première de Rosen sur le premier hymne du Rig-véda.