NASALES LATINES
§ 147. — La délicatesse d’accommodation des nasales commence à s’émousser en latin. Le rn n’y est nécessaire que devant les labiales explosives p et b, et à l’époque classique devant m ; f e t c ne l’attirent pas ; et le même n s’emploie devant les gutturales et les dentales.
M et n sont primitifs en initiales ; les cas où l’on avait cru voir un m initial remplaçant un e orginel ont été contestés par M. Corssen 1 . Mais en médiales, ils sont souvent le résultat de l’accommodation et de l’assimilation. Ex. : annuo pour ad-nuo (faire signe de consentement); imprimere pour in-primere, etc.
Dans la langue classique, la groupe nasal gn tend à se simplifier en n par chute du g , quand il se présente en initiale. Ex.: natus, pour arcli. gnatus , le reparaît en médiale dans gignere, sscr. y gan (engendrer); noscere pour arch. gnoscere, gr. yvùpu, sscr. \J gnà (connaître), le g reparaît en médiale dans cognoscere 1 .
La tendance à la nasalisation apparaît en latin dans quelques mots qui ne la portent ni en sanscrit ni en grec’: par ex., dans anguis, comparé au sanscrit ahi