EN SANSCRIT
§ 154. — Nous avons réuni sous le nomdespirantes(§70)les semi-voyelles, les sifflanteset l’aspirée pure. Pour la commodité des comparaisons, nous sommes obligés de les étudier d’ensemble dans chaque langue.
Trois seulement d’entre les spirantes sanscrites sont à examiner ici. Ce sont: j, à la fois continue des palatales et semi-voyelle d 'i; v, à la fois continue des labiales et semi-voyelle d’«; et s, continue des dentales. Nous n'avons pas à traiter directement des autres, ayant déjà montré que ç est une dégénérescence du k (§ 92), et h de toutes les aspirées (§§ 95, 1 13, 1 17). Pour s cérébral, nous en dirons seulement un mot pour montrer comment il procède de s.
§ 1 55. — /. Dans une grande partie des mots où cette lettre se rencontre en sanscrit, elle résulte d'un i devenu consonne à cause de la voyelle qui le suit (voy. § 51 ). En beaucoup de cas où j est écrit, la prosodie védique comptait un i faisant syllabe à lui seul. Ainsi les finales en bhjas étaient souvent scandées bhi-as ; sjât (sit) était compté si-ât; hjas (hier), hi-as; prthivjas (génitif: terræ), prlhivi-as ; fiavja (iiivocandus) havi-a, etc. \
1 . Benfey, introd. du Sâma-véda, p. lui. Ces vocalisations prosodiques n’ont pas toujours lieu au véda. On y scande aussi en une seule syllabe bhjas , etc.
En d’autres mots, notamment quand il est initiale radicale, la prosodie védique ne vocalise jamais j en ». Ainsi dans jad (qui), dans jagati (sacrificat), dans juga (joug), ja, ju ne font qu’une seule syllabe. On peut cependant induire le rapport de ce j avec i, des formes voisines telles que istà (sacrificatus), participe de jagati; et du rapprochement de jad avec le latin is , id, qui paraît avoir la même racine pronominale i. Mais en cette occurrence, on ne saurait dire lequel des deux, i ou ja, procède de l’autre.
Enfin, il est des cas plus rares où j ne paraît plus procéder dV, mais d’une explosive sonore : soit £pdans j jabh comparée à j gabh (concubare) ; soit d, dans j jam comparée à \j dam = domare ; et dans jaças (renommée), que l’on conjecture être pour *daças en le comparant au latin decus *.
§ 156. — V. Le p se comporte de la même manière que le j. Dans une partie des mots où il se rencontre, il résulte d’un u devenu consonne. Outre les lois euphoniques (voy. § 51), la prosodie védique le démontre encore. Elle compte le plus souvent tu-am pour tvam (tu) ; ku-a pour kva (ubi?); ça -a s pour çvas (demain) •, su-a pour sva (suus) ; du-is pour dvis (bis) ; vicu- agit pour e içvagil (omuia vincens), etc.*
Le v initial des racines n’est jamais vocalisé en u parla prosodie, non plus que le j en i ; mais la comparaison y indique encore en plusieurs cas une affinité
t . Il faudrait alors supposer une * daç voisine d edtç (mon-
trer, dire). Pour le sens, roui parez farnn, qui vient de fari.