Voy. Benfey, loc. rit
vocalique. Ainsi la <J vah (vehere) a pour synonyme une autre y/ ü/i ; uni (large) fait au comparatif et au superlatif vàrïjâs , vâriJtha, de manière à indiquer parle changement d’accentuation, soit un affaiblissement de va, dans uni, soit un renforcement d’« dans vârïjâs. Mais dans l’une ou l’autre hypothèse, le rapport est établi entre u et v ; de même que dans uktd, participe passé passif de y/ vak (parler).
Mais le v sanscrit n’est pas toujours une semi-voyelle dont la prononciation devait se rapprocher du w anglais. C’est aussi une continue labiale, et à ce titre le sanscrit le fait déjà permuter avec b. Ex. : y ! vadh et badh (frapper) ; y/ varh, barh, valh, balh (être proéminent) ; y / garv et garb (superbire) ; valaja et balaja (bracelet) ; et beaucoup d’autres qui témoignent d’une prononciation incertaine entre l’explosive et la continue. On relève même (par l’intermédiaire de b ?), quelques échanges entre v et p: y/ vars et pars (être mouillé) ; valjul et paljul (purifier) .
5 157. — S. Le j dental est généralement primitif en sanscrit dans les mots où il se rencontre 1 ; mais il
t . Le s sanscrit résulte quelquefois d’une accommodation d’explosives, spécialement de palatales et même de gutturales. Ainsi, devant le suff. du participe passé passif en ta, quelques verbes changent leur finale radicale en s (pour s). Ex. : mrg (frotter), mrsta; srg (répandre), srsta ; jag (sacrifier), ista; nac (périr, pour *nak, cp. vtx-poç, le lat. nec-em), nasta; i/rç (voir, pour ' dark , cp. OEpxoaai), tirs ta. La transition probable des palatales ou des gutturales k s a lieu ici par le c palatal.
Quant à l’affaiblissement des explosives dentales en s, si commun en grec et en latin, il est rare en sanscrit (co/. §107).
est sujet à beaucoup d’altérations, dont la plus fréquente et la plus prochaine est en s cérébro-dental.
S devient i en sanscrit, toutes les fois que, dans l’intérieur d’un mot fléchi, dérivé ou composé, il est précédé d’une autre voyelle que a ou â (soit immédiatement, soit avec l’intermédiaire d’un visarga, d’un anusvâra, d’un s ou d’un i), de k , kh, n, r ou /, et qu’il est suivi d’une voyelle ou de t, th, n , m,j oup. Cette règle, qui embrasse un nombre énorme de cas, est bonne à noter, pour expliquer le changement en s d’une foule de suffixes et de flexions qu’on indique séparément par un s dental 1 . Elle atteint même le s initial des racines, quand il entre en composition ou en simple redoublement. Ex. : la yj sthâ devient par redoublement ti-sthâmi (sto) ; la yjsld (sedere) fait ni-sïdatai (sedet) à cause de IV qui précède, tandis qu’elle se conserve intacte dans pra-sldati (favet), à cause de l’a.
Quelques mots seulement sur les altérations euphoniques du s final, soit devant lesseconds membres des composés, soit devant le mot qui le suit dans la phrase. Quand il termine une phrase ou quand il rencontre après lui une sourde gutturale ou labiale, le s se change en visarga ( ;, équivalant à h faible) : karauti kavi : , kavi: karauti(^oel?t facit), pour kavis. — Devant les sourdes palatales ou dentales, s s’ac-
Peut-être peut-on rapporter le nomin. sing. sa, sd (is, ea) à la \J tat qui fournit le reste de la déclinaison de ce démonstratif. Mais ce rapprochement est des plus douteux.
t. Notons aussi que le .«agit par accommodation sur le t et le th qui le suivent , en leur substituant un t et un th cérébraux.
commode h leur organe : kaviç Rarati (poeta it) ; Ravis taruti (poeta transit). — Devant une sifflante, il s’accommode à son organe ou passe en visarga. Devant les explosives sonores, les nasales, les semivoyelles, les voyelles et la liquide l (toutes considérées comme sonores), s se change en r: Ravir ga- RR/iati, Ravir aili (poeta it), Ravir na (tanquam poeta) ; Ravir jagati (poeta sacrificat), Ravir lasati (poêla ludit). — Devant r, le s devrait encore se changer en r ; mais pour éviter la gémination (§ 150), il tombe en allongeant par compensation la voyelle précédente : Ravi ramatai (poeta gaudet). Telles sont les règles principales de cette euphonie. Elles se compliquent devant les suffixes et les flexions, et nous sommes forcés de renvoyer pour les détails aux grammaires sanscrites*. Rappelons les transformations toutes spéciales de la finale as (§§ 45, 46).
En quelques rares occasions, telles que çuska, çusria (sec), çvaçura (beau-père), les rapprochements étymologiques avec siccus et avec le zend husRa (le h zend est ici le remplaçant régulier d’un s), avec le latin socer et le grec âxupo? (où l’esprit rude remplace unis), montrent que ç tient la place d’un s primitif.
Le s initial est sujet dans les groupes sk, sp , st, à des transformations sanscrites en kh, Rh, ph , dont nous avons déjà parlé (§§ 94, 1 1 6), et de plus à des chutes pures et simples. Ex. : tisthümi (ï<roju.i), pour le redoublement *stasthàmi ; tard (astre) pour *slârâ, védique str ; tanjatu (tonnerre), \j s tan, cp. gr. <m'vü> (gronder, gémir) ; paçjâmi (video)