‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 84 sur 100 · Matthiae, gramm. gr., trad. fr., t. I, p · texte numérisé non relu

Matthiae, gramm. gr., trad. fr., t. I, p

2. Id., p. 43 sqq. Leur forme première fut empruntée au H coupc verticalement. La première moitié I était l’esprit rude, et la seconde I l’esprit doux. Les signes cursifs au-dessus des lettres, 'et ’ en proviennent. Ils ne datent que du septième siècle de notre ère ,

3. Sauf des exceptions dialectales comme le dorien ûuuec (vous), l’esprit rude frappe o initial même dans les cas où il est tout à fait inorganique, connue dans Gciepo;, Cararoi; (dernier), cp. sscr. uttara, uttama. Il n’est pas moins inorganique sur e dans Éxatepoî, cp. sscr. aikatara (chacun); sur ï) dans vf£ 0 ,u.*i (commander), qui se rattache à otyoi (conduire), etc.

figure deux r superposés, se rencontre dans quelques inscriptions archaïques et ne cessa pas d’être employé dans le dialecte éolien. C’était une aspiration particulière, qui eut primitivement, selon toute probabilité, un son analogue au iv anglais, et qui dégénéra par la suite en simple et faible aspiration. Comme le digamma est étranger à l’alphabet ionien seul en usage dans les manuscrits qui nous ont conservé la littérature grecque, on ne peut le restituer que par conjecture.

La prosodie de l’Iliade et de l’Odyssée a fourni des inductions sérieuses sur l’existence du digamma à l’époque homérique. Les règles prosodiques ordinaires veulent en général qu’une voyelle finale brève soit élidée devant un mot commençant par une autre voyelle. Elles veulent aussi qu’une brève par nature devienne longue par position quand elle est suivie de deux consonnes, lors même qu’elles se trouvent toutes deux au commencement du mot suivant. Enfin la prosodie grecque veut spécialement que les longues et les diphthongues finales deviennent brèves, par élision implicite de leur dernier élément, devant un mot suivant qui commence par une voyelle. Mais ces règles générales trouvent dans les poèmes homériques un grand nombre d’exceptions, dont Bentley et les philologues qui l’ont suivi ont donné une explication satisfaisante, en supposant la présence d’un digamma que la grammaire comparative confirme dans la plupart des cas. Ex. : Tôv àè iâtov* (ilium autem videns) devrait se scander avec élision Tôv S' $wv, qui

t. IL, XV, 13.

n’entrerait pas dans la mesure du vers : S’il

se scande , c’est que i$w est précédé d’un digamma, et qu’il est en réalité cp. videns,

y f vid. De même dans cette fin de vers : (iéyeôoç xat ôaoiïi (magnitudine et forma similis), l’absence d’abrégement de xal devant une voyelle montre que a&o; est pour De même enfin, dans èirt

pt^av (Üâle iuixpT)v (et radicem immisit ainaram) 1 , Sè serait bref si l’on ne suppléait *pp££av, comme le justifie l’éolien Ppi^a 1 .

Quant au £, on ne doit pas oublier que cette lettre grecque est double, étant pour et que, comme £ = *ç, <|> = irç, elle fait position et rend longues les brèves qui la précèdent.

Nous arrivons maintenant au sort subi en grec par les spirantes primitives, et au rôle que jouent, pour les remplacer, les esprits, le digamma et le £.

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