Voy. Léo Meyer, P'ergl. gr., t. I, p
2. Cette forme se trouve dans Hésiode, Théog ., v. 826. Mais le cas est trop isolé pour que l’explication donnée soit certaine ; d’autant plus qu’il n’est pas impossible que ce (t appartienne, d’une façon il est vrai irrégulière, au dérivé Xe%p.dÇ(u
les correspondants étant an sanscrit , an ombrien , in latin, un germanique, chez qui la voyelle n’est précédée de rien. 11 en est de même de l’e des augments, sscr. a, etc.
Mais dans Jés occasions, révélées tant par la comparaison des langues que par la prosodie homérique, où l’esprit doux représente l’aspiration faible du grec archaïque, c’est-à-dire le g, cette aspiration correspond le plus souvent auu primitif. Ex.: £o; (poison), sscr. wa, lal. virus, toç est ainsi pour *jtktoç; de même eap (printemps) est pour p, sscr. vasanla, lat. ver ; X ov, lat. viola (violette); ïç (tendon, force), lat. vis ; ot&a (je sais) = sscr. vaida , lat. video ; «uum (dorien : vingt) = sscr. viçati , lat. viginti ; olxoç =■ sscr. vaiça, lat. vicus ; olvo; == lat. vinurn 1 ; â<7Tu (ville) = «scr. vastu, ^ vas (habiter); oyos (véhicule), eyw (avoir), sscr. v / vah — lat. vehere ; êpcm (rosée) = sscr. varsa (pluie) ; ep. w = sscr. ^ vam = lat. vomcre.
§ 163. — 5° Par l’esprit rude. Dès lors que, dans la langue classique, l’esprit rude et l’esprit doux représentaient tous deux des aspirations ne différant que
1. OTvoç se rapporte en sanscrit, soit, selon M. Kuhn, au védique vaina (aimable) épithète du Soma; soit, selon M.Pott, à y vjai ftegere, texere), qui a fait le latin vieo, d’oh vime/i et vitis, et a pu donner vinum de vitis. Le grec ne compte de mots correspondants à vieo et vimen que ttvç (circonférence), Uiu (saule). L’absence de mot analogue signifiant » vigne » en grec, qui aurait été nécessaire pour donner lieu au dérivé oTvoç, nous fait donc pencher vers la première explication. Mais dans l'une et l’autre hypothèse notre règle se vérifie.
GH. coup. 12
par l’intensité, dès lors aussi que l’esprit rude finit par marquer seul l’aspiration, il s’ensuivit qu’eu plus d’un cas il y eut confusion, et que le v initial, traduit en principe par l’esprit doux, se trouva quelquefois représenté par le rude. Ex. : ïoite. po; (soir) = lat. vesper ; é< ma (foyer) = lat. V esta ; âxwv (de bon gré), sscr. yj vaç (désirer) ; v-pcd;, sscr. vira (fort, héroïque) = lat. vir. En grec même ï<rrwp (témoin) a un esprit rude en contradiction avec le verbe dont il procède, (savoir).
Nous avons signalé plus haut (§ 151) les cas où l’esprit rude qui surmonte le p initial correspond à un v primitif.
§ 164. — 6° Chute du v médial en grec. Une foule de rencontres internes de voyelles sont dues en grec à la chute d’une consonne intermédiaire, v, j ou s. Il y a chute du v et digamma latent dans un grand nombre de ces hiatus, comme on le reconnaît, soit par les formes voisines en grec, soit par les langues alliées. Ex. (nous ne comprenons pas ici les cas dont nous parlerons plus loin, où un v initial est devenu médial et a tombé par suite de la prosthèse d’une voyelle) : àto> (écouter), pour *à pjw , sscr. y/ av (désirer, faire attention), cp. lat. avéré, audire ; olç (brebis), pour = sscr. avi, lat. avis ; Aïoç
(génitif de Z eu;), pour *Ai foç = sscr. divas (gén. de dju, ciel) ; &ïo; (divin) pour = sscr. daiva,
lat. divus ; êxw (permettre), pour *efaco, lacon. èêaw ; nriüjv (gras), pour *ir i/wv — sscr. plvan; aicôv (temps), pour* a(pwv = lat. ævum ; xXéoç (renommée), pour *>ûi — sscr. gravas, yj cru (entendre) ; ir7éw (na-
viguer), pour cp. fut. ultucu ; de même
iwéù) (respirer), fut. irvsdou; yéta (verser), ion. yeuw; Ôe'o) (courir), fut. 6eu<ropai, sscr. y / dhav ; (âoo; (gén. de P où;) pour = sscr. gavas, lat. bovis ;
oxotio; (gauche) pour *<ntai fô' = lat. scævus ; Xaid; (id.) pour *Xat/-o; = lat. lævus ; Çea (orge) pour = sscr. java ; èXata (huile) pour *eXat/‘a = lat. otiva\ opôo'ç (debout) pour *6p^fd;‘ = sscr. ürdva, lat. arduus; oXoç (entier) pour *o\goç — sscr. sarva.
Quand le v médial est précédé d’une consonne^ il peut encore s’y assimiler, comme dans 'ôotoç (forme éolique de ïirnroç) pour * îxpo ;, sscr. açva, lat. equus ; TSTTapeç pour ^TêTjrape;, sscr. kutvàras , lat. quatuor.
Nous avons parlé plus haut (§§ 1 03-1 06) de ce que devient le v dans les groupes primitifs kv, gv f dv ; nous parlerons plus bas du groupe sv.
§§ 165-168. 'SUPPLÉANTS DU j EN GREC.
§ 165. — Nul caractère grec ne désigne la lettre j. La comparaison des langues congénères met seule sur la trace du sort qu’elle a subi et des diverses façons dont elle a été transformée dans la langue grecque.
1° La première et la plus simple est la vocalisation en i. On en possède fort peu d’exemples en initiale : taop.au (sanare), pour *ta/ , opat,cp. sscr. q ju (védique: avertere); ’lacove; (Ionii), pour * ïetpmeç, cp. sscr. javanas (nom des Grecs). Mais en médiale le nombre