‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 90 sur 100 · Compendium, 2' éd., p · texte numérisé non relu

Compendium, 2' éd., p

3. En pràcrit, le j sanscrit devient régulièrement un g dans certains cas.

g italien devant e et i Pour soutenir cette théorie, on fait remarquer que le £ répond aussi souvent à un groupe dj, &i, qu’à j tout seul. On possède en effet des exemples incontestables du changement de dj, 81 , en £. Tels sont Zeu;, qui est pour *&tsu; (béotien comme le prouve le génitif Aid ç (pour *Stf 6 ç), et qui correspond au sanscrit djâus (le ciel); (piéton) pour *tcs(Îio;, zpy.niÇct (table) pour *TaTpa-ire&ia (meuble à quatre pieds) ; la préposition £t<x (à travers) qui, dans le dialecte éolien de Leshos, se change en £a, etc.

Les langues du groupe néo-latin témoignent aussi de la tendance du d à se poser adventicement devant IV consonne, dans des formes telles que le moyen latin madius pour tnnius (mai,voy. Ducange, h.v°) ; l’italien du moyen âge d/acere pour le latin jacére. On voit là l’origine des formes italiennes modernes maggio , giacere. Gp. aussi le patois génevois actuel Dian pour Jean,

Quoi qu’il en soit, reprenons la constatation des changements de y en £. Le^ est pour un y initial dans Çuyov = sscr. juga, lat. jugum, ail . joch, angl. yoke ; £E*=sscr. java (orge) ; Çim'a» (chercher), cp. sscr. J /^(s’efforcer de);^pua(peinc), cp. sscr. jam( coercere, même y/ que dam, dompter, voy. § 155),cp.lat. damnurn ; lat . jujuba; (soupe), cp.

sscr. jüsam (purée) = lat. jus (bouillon), etc.

i . Notons pourtant une grave différence : le Ç est resté une lettre double et faisant position, tandis que les palatales sanscrites et le g et le c italiens du même genre sont considérés comme lettres simples, sans doute à cause de la fusion plus complète de leurs éléments, et de la facilité plus grande de la prononciation.

Le £ des verbes en est tantôt pour un j isolé, tantôt pour les groupes dj ou gj.

Zw est pour £jw dans les verbes dérivés de thèmes terminés en 8 ou t. Ex. : éXirîÇw (espérer), de il m$-oç (gén. : espoir); 6aup.â£w (admirer), de Ôaô- [MtT-oî (gén. : merveille); iraîÇw (jouer), de ira$-o; (gén. : enfant); êÇofxai (sedeo), cp, s$pa (sedes); S£w (oleo), cp. o$w$a , et lat. odor : <r//(w (scindo), cp. oyjiïii (éclat de bois).

Zw est pour yjw dans les verbes dérivés de thèmes en y. Ex. : «£w (adorer), cp. à'yioç (vénérable)=sscr. jagja, yj jag (adorer) ; y.lot^oi (crier), cp. x^xyyr' (cri); otîÇw (piquer), cp. <myp.a (pointe), cp, lat. in-stigare, sscr. y ! tig, pour *s(ig (aiguiser), tigrna (aigu) ; àpirâ^w (piller), de âpiray-oç (gén. : ravisseur); oaxiu^w de dà>.TCty5 (trompette) ; <pu£aw (mettre en fuite) ', cp. «puyyf (fuite).

Enfin £w est pour jw simple dans les verbes dérivés de thèmes finissant par une voyelle. Ex. : aiyp.a£w (lancer), de aîypi (javelot) ; £eiv(£w (recevoir un hôte) de £eïvo; (hôte); àyaiïa(w (homérique ; aimer), de àfixizr, (amour).

Dans ce dernier cas, il est au moins aussi fréquent que le / tombe purement et simplement. Ainsi on a, auprès de àya-rtàÇw, àyxiraw ; auprès de pX(j(w, (3Xuw (sourdre); âvtaw, auprès de aviaÇw (troubler). Comme nous le verrons plus tard, l’origine des verbes dérivés dits contractes en aw, jw, ow, est une formation en ajâmi dans laquelle le j est tombé*.

i . Usité seulement au participe ipuÎ7i0£(ç (chassé).

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