‹ Grammaire comparée des langues classiquesChapitre 94 sur 100 · I.e y initial tombe-t-il quelquefois en latin ? On cite · texte numérisé non relu

I.e y initial tombe-t-il quelquefois en latin ? On cite

1 . Cependant, dans abies (sapin) et dans aries (bélier), IV, quoique précédé d’une consonne, se change en j selon les besoins de la prosodie : abjete, arjete (voy. Virg., Æn. XI, 667; n, 492).

2. Cette étymologie de jam, soutenue par M. Corssen, est fortement contestée par M. F. Meunier, qui voit dans ce mot le nomin. -accus, sing. neut. d’un démonstratif pris adverbialement ( Revue critique d histoire et de littérature , n° du 10 août 1867, p. 83).

avenu, qui se rattacherait au sscr. java (orge) ; mais cette étymologie n’est pas certaine.

§ 179. — Le / médial du sanscrit a aussi en latin le caractère d’une consonne dans les cas où il s’est conservé entre deux voyelles, comme dans le suffixe aija qui devient en latin ejus, plebejus, de plebs. Ce suffixe sert surtout à former des patronymiques : A pule jus, Canulejus' .

Plus souvent il tombe, comme dans les verbes en eo, qui est pour ajâmi ; dans les suffixes en eus, pour aja, etc.

Au contraire, lorsque le j médial du sanscrit est précédé d’une consonne, le latin le rend par un i voyelle qui est peut-être l’état primitif. Ex. : madhja = médius-, pitrja = pu trias ; sjàm = siern (arch. pour sim). Les verbes en io pur, tels que capio, répondent à des verbes sanscrits en jârni (4 e classe). Cet i est encore sujet à tomber. Ex. : minor pour * minior ; pleores (Chant des Frères arvales) arch. pour plures, qui est pour * p le i ose s , cp. ir7eîo;; ait pour ajit, cp. ajo (je dis). Duni (pendant que), les suffixes démonstratifs dam, dem, seraient, selon M. Corssen, pour *diurn, diarn, diem *.

Le j consonne reparaît, s’il se retrouve entre deux

\ . On rendrait un compte analogue de jejunus, qui est expliqué par Bopp et M. Benfey comme se rattachant à jajamana , participe moyen du verbe réduplicatif jajam , de \j jam (dompter). Jejunus serait pour *jejumnus (cp. alumnus d ’alere), et signifierait « celui qui dompte la faim, ou qui est dompté par la faim. »

2. Voy. les objections de M. Meunier dans l’article cité plus haut.

ca. comp. 13

voyelles par la chute de la consonne précédente. Ex. : major pour *niagior ; Gajus pour * G avius ; mejo pour * megio, sscr. j mi/i pour * migh, megio serait pour * maighj ârni ; ajo ( aio , je dis) pour *agio, cp. ad-agium , sscr. <J ah (dire). On a les deux formes dans pulêgium et pulëjum (pouliot).

§ 180. — De même que le £ grec, le j latin fait position en prosodie et y compte pour une double consonne 1 . En mettant de côté les cas où la voyelle précédente est naturellement longue, comme dans les suffixes en ejus = ai/a, on a cherché l’explication de ce fait dans la perte que la plupart des mots à j médial auraient subie d’une consonne précédente, comme on l’a vu pour major , mejo , Gajus, ajo. Outre cette raison, qui ne s’appliquerait pas à tous les cas*, on en peut tirer une autre de la prononciation même des Latins, pour qui le j médial entre deux voyelles se décomposait endeux/ 3 , l’un voyelle, faisant diphthongue avec la voyelle antécédente, l’autre consonne, pré-

1. Excepté dans les composés de jugum : bi-jugis, t/uadrïjugis, etc .

2. Ainsi, dans rejicio, la longueur par position du préfixe re, naturellement bref, ne peut être attribuée à la chute d’aucune consonne, si l’on accepte l’étymologie proposée pouryae/'o par M.Curtius, qui le regarde connue un causatif de jà (ire, movere). Ce même verbe rejicio avait aussi une forme contracte par chute du j, reicio (Virg. III eclog. 06 : reice capellas), qui exclut encore l’idée d’une autre consonne tombée.

3. Ipsa natura j litteræ est , ut interjecta vocalibus latius enuntietur, dum et prior eatn asserit, et sequens sibi vindicat. Felius Longus, dans Putsch, p. 2219.

Notre y médial français fait quelque chose d’analogue dans pays , pron. /ai-yis.

cédant la voyelle subséquente. C’est pourquoi Cicéron écrivait ce j médial par deux i 1 . La syllabe précédente s’allongeait, simplement parce qu’elle prenait le caractère d’une diphthongue.

§ 1 81 . — Il résulte clairement de ce qui vient d’être dit, que les Latins prononçaient le j comme les Allemands le prononcent aujourd’hui, comme nous supposons qu’il a été prononcé en sanscrit et comme nous prononçons nous-mêmes l 'y consonne. Cependant, des inscriptions datant de la fin de l’Empire d’Occident prouvent qu’on commençait alors en certains cas à prononcer le / soit comme l’italien gi, soit comme z. On y lit congiunta pour conjuncta, xo£ou pour cujus, Zesu pour Jesu. C’est le commencement de la prononciation italienne giunta, mezzo = rnedio. C’est aussi l’origine delà prononciation française, déjà , jour. La transition fut sans doute la même que celle qui avait changé le j primitif en £ grec (voy. § 167).

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