Ponr la présence de Pu, voyez plus haut
2. Quant aux cas où le dh originel deviendrait t en latin, comme dans rudhira = rutilus ; rcaOeiv (y/ bâdh, se plaindre) r=pati; XaOEÏv = latere ; Tîu8«a9at = putere ; ces rapprochements sont contestés (voy. Aufrecht dans le Journal de Kuhn, IX, 232; Corssen, Beitr., p.75sqq., et Schleicher, Compend., p. 250, 2" éd.), en ce sens que les racines seraient bien les mêmes, mais que les suffixes de dérivation qui auraient amené
gr. comp. 9
Jih sanscrit, greccp, devient en latin b. Ex. : ubhâu = ctaçco s= ambo; nabhas = ve'ço; = aubes, nebula ; arnbhas (eau) = ou£po; = imber ; arbhaka (enfant) , opcpavo;, orbus; nàbhi , ôa<pa>.o; , umbo , umbilicus ; tubhja = tibi; -fkuooi (gratter) = glubo (écorcer) ; ypa<po>, scribo; ocu,<pi (autour), amb-ire.
§ 124. — Par une déviation spéciale, le dh médial sanscrit, 6 grec, se change aussi en b latin. Ex. : rudhira = épu6po; = ruber; ûdhas — ouQocp (mamelle) = nber; ràdhas (richesse), cp. robur; iz\ : rfa=plebs. Barba, comparé à l'anglais beard et à l'allemand bart, a fait conjecturer pour le b médial de ce mot une origine semblable.
Pour expliquer ce phénomène sans blesser le principe de transition, il est naturel de supposer que l'aspirée dli, 0, s'est d'abord changée en f, comme on en a la preuve dans l'ombrien rufra, et que le latin, peu enclin à accepter cette aspiration à l'intérieur des mots, l'a transformée à son tour en la sonore labiale, avec laquelle elle avait le plus d'affinité.
§ 125. — En résumé, si l'on élague les cas exceptionnels, les aspirées originelles n'ont en latin que deux représentants dégénérés, f et h. Le / n'est employé qu'en initiale, mais pour les. trois ordres. Le h est employé en initiale et en médiale, mais pour l'ordre guttural seulement. Les aspirées médiales sont rem-
d'un côté d/t, ô, et de l'autre/, différeraient entre eux. Sans rien affirmer sur ce cas délicat, je trouve pourtant la contestation un peu difficultueuse, en présence du nombre des exemples allégués.
placées le plus souvent en latin par des pures sonores : g pour gh — -/, d pour dh — 6, b pour bh =<p, et aussi quelquefois pour d/i.
S§ 126-141. — EXPLOSIVES DES LANGUES GERMANIQUES. LOI DE SUBSTITUTION DITE LOI DE GRIMM.
§ 1 26. — Nous avons attendu jusqu'ici à parler des explosives dans les langues germaniques, parce quelles opèrent, par rapport au sanscrit, au grec et au latin, une substitution générale 1 qui ne peut être exposée clairement que si on la prend dans son ensemble.
Déjà nous avons vu une substitution offrant quelque analogie avec celle-ci s'opérer dans les aspirées entre le grec et le sanscrit. Les aspirées sonores du sanscrit deviennent en grec des aspirées sourdes, sans qu'on ait reconnu jusqu'ici les motifs précis de cette transformation. Nous allons de même constater dans les explosives des langues germaniques un grand mouvement dont la cause exacte reste obscure.
Rappelons la division générale des explosives en pures et aspirées, subdivisées cbacunes en sonores et en sourdes (soit faibles et fortes, ou moyennes et ténues) . Les aspirées sourdes du sanscrit étant écartées comme non primitives, il reste à considérer ici trois degrés d'explosives, savoir : les sonores (pures), les sourdes (pures) et les aspirées (aspirées sonores en sanscrit, sourdes en grec).
Les langues germaniques ont aussi des sourdes et des sonores (purcs N ; mais à la place des aspirées elles
4. Nommée par les grammairiens allemands Lautverschiebung (dérangement de son}.
possèdent des continues spirantes, savoir : pour les gutturales, le gothique h et le haut-allemand ch ; pour les labiales le gothique f et le haut-allemand /*, v; pour les dentales, le gothique th et le haut-allemand z. Cette dernière lettre, qui se prononce Ar, est tout à fait comparable à la palatale sanscrite R qui se prononce tch et forme transition des explosives aux continues. Ajoutons au z haut-allemand la double consonne ss, équivalant à un ancien sz. Quant au th de cette langue, il est inorganique et s'emploie, par suite d'une mauvaise habitude d'orthographe, pour t pur et simple. Au contraire, le th gothique est une spirante analogue au th anglais.
Maintenant, les rapprochements étymologiques établissent qu'entre le sanscrit, le grec et le latin d'une part, et de l'autre les langues germaniques, les sourdes, les sonores et les aspirées ne se correspondent pas directement, mais qu'un des trois degrés étant donné d'un coté, c'est dans les deux autres qu'a lieu la correspondance.
§ 1 27 . — La substitution a deux degrés et pour ainsi dire deux étages, le gothique et le haut-allemand; et le second se comporte en général vis-à-vis du premier, comme le premier lui-même vis-à-vis de l'état originel que représente le sanscrit. Ainsi les aspirées sanscrites deviennent des sonores gothiques, et à leur tour les sonores gothiques deviennent des sourdes haut-allemandes, pendant que les aspirées gothiques y deviennent des sonores et les sourdes des aspirées. Voici le tableau résumé de ces transformations :
Les sonores sourdes aspirées originelles deviennent des sourdes aspirées sonores gothiques et des aspirées sonores sourdes en haut-allemand.
Au gothique se rattachent, quant à l'objet qui nous occupe, tous les dialectes bas-allemands, l'anglosaxon, l'anglais, le hollandais, le flamand, et toute la • branche Scandinave ou norroise des langues germaniques, l'islandais, le danois, le norvégien, le suédois. Tout cela forme le premier étage auquel se superposent le haut-allemand et ses dialectes secondaires (suisse, bavarois, etc.). Nous verrons plus bas que la substitution n'a pas eu lieu par divergence simultanée entre le gothique d'un coté et de l'autre le haut-allemand. Il est infiniment plus probable que les langues germaniques ont fait deux stations : la première à l'étage gothique, où s'est arrêtée la majeure partie de la race, et la dernière à l'étage haut-allemand, lequel est parti dans sa substitution nouvelle, non des consonnes originelles, mais des consonnes gothiques.
Il n'est donc pas étonnant que la seconde substitution ne soit pas aussi radicale que la première. Les aspirées gutturale et labiale y échappent le plus souvent : le h gothique reste h ou ch en haut-allemand; le /"gothique y reste f ou v. L'aspirée dentale seule se transforme régulièrement : le th gothique devient en haut-allemand d. Ajoutons que le haut-allemand moderne manifeste en un grand nombre de cas une tendance à revenir à l'état gothique, et à rétrograder du degré où l'ancien haut-allemand s'était avancé.
Passons aux exemples et parcourons successivement les transformations que les explosives primitives su-
bissent dans les langues germaniques. Nous commencerons par les dentales, parmi lesquelles la loi de substitution s'observe avec le plus de régularité.
§ 128. — D — jT — Z. La sonore dentale sanscrite, grecque et latine r/, devient t h l'étage gothique et 5 • ou ss à l'étage haut-allemand. Ex. : sscr. r/pa = &ufc> = duo, g. tvai 9 angl. two, ahall. zvei, nhall, zwei; sscr. daçan = #éxa == decem, g. tai/iun, ahall. zehan; sscr. djâus (ciel)= lat. dius, g. Tius, ahall. 7Jo (dieux des Germains); sscr. y/ ad (manger) = edere, g. itan> ang. eaty ahall. ezan, nhall. essen; sscr. danta (dent' = gr. 6-$wz=dentem, g. tuntkus, angl. tooth, ahall. zand, nhall. zahn ; sscr. y 7 (fendre) = àap<* (dépouiller la peau, d'où Sepaa, peau, dépouille), g. taira/2, angl. tarr, ahall. zeran, nhall. zehren (déchirer); sscr. y 7 (dompter) sa âa^aw = domare, g. tamjan, angl. *7?//z£, nhall. zahrnen (apprivoiser); sscr. y 7 (montrer) = $tU>t\jpi = dicere, g. taihan (annoncer), angl. teach (enseigner), ahall. zeigôn, nhall. zeigen (montrer); sscr. y/ vid (savoir), gr. olàa, lat. videre, g. vitan, ahall. ivîzan, nhall. wissen (savoir); sscr. svâdu=rM;, g. ji*£r, ags. .rwe/, angl. sweety ahall. sitozi, nhall. jrffof (doux).
§ 129. — 7 1 — Th — Z>. La sourde dentale sanscrite, grecque et latine t, devient th à l'étage gothique et d à l'étage haut-allemand. Ex. : sscr. tad (cela) = to, g. thatciy ags. thatj ahall. nhall. das; sscr. tanu = tenuiSy anc. norrois thunnr, angl. (mince), ahall. dïinni, nhall. diïnn;sscr. tri = 1^ = très y g. Mrw, angl. //We, hall. tfW; osque fota (ville, commune),
g. thiude (gens), ahall. diot; lat. tribus (tribu, celt. treb, village), ags. thorp (village), hall. dorf.
§130. Dhfi—D—T. — L'aspirée sanscrite dh, gr. 9, lat. f, d, devient d h l'étage gothique et t (ou th inorganique) à l'étage haut allemand. Ex. : sscr. y/ dhâ (poser) = Ti , Gr ( [7.t, g. deds (factum), ags. dôn, angl. do, ahall. tôn, nhall. thun (faire); sscr. yj dhav laver), g. daupjan (baptiser), hall, taufen; angl. dew (rosée), hall, theiu; sscr. yj *dhan (han, tuer)=6aveîv, Ôscvocto;, g. ilauthus, angl. death, hall, tod (mort); sscr. duhitar (pour *dhugitar? fille) = Ouyar/ip , g. dauhtar, angl. daughter, hall, lochter; sscr. dvâra (pour *dhvâra? porte) = ^oc= fores, g. daur, angl. door, hall. Mi/r; sscr. madhu (miel) = f/iQu, ags. meodoy ahall. /7?eta, nhall. /7?e//s (hydromel); sscr. madhja = médius, g. midja, ags. midlian % angl. rniddle, hall. /mf/i (milieu).
Passons aux gutturales, chez lesquelles la loi est moins régulière.
§ 1 31 . — G — K — Ch. La gutturale sonore du sanscrit, g, g, 7 du grec et g du latin, devient k, q à l'étage gothique etch ou h à l'étage haut-allemand. Ex. : sscr. gala (gosier), lat. gula, ags. kjlu, ahall. chelu (gosier); sscr. y/ gr (crier, appeler), gr./pjpuç (voix), lat. garrire, anc. norrois kalla, angl. call (appeler), ahall. chàllon ; de la même \] viennent le gr. ys'pavo;, lat. grus, ags. cran, ahall. chranoh; sscr. gânu — y6w=genu, g. /Ww, angl. /We, ahall. chniu; sscr. ^fa/tf (eau), lat. gelare , gelidus , g. kalds , angl. ce>/c/, ahall. cAa// (froid); sscr. ^ gïir (répandre, di-
136 CUA.UMAtltE COMPARÉE. |$ 132]
sperser), lat. granum, g. kaurn, angl. corn (blé), ahall. chorn, c/ierno (grain); sser. gana = yévoq (race) =genus, g. kuni, aball. chunni.
Dans la plupart de ces mots, le haut-allemand moderne est revenu à l'étage gothique. L'ancien chelu fait aujourd'hui kehle; chranoh fait kranich ; chniu = knie; chalt = kalt; chorn = korn; cher no = kern; chunni = kunde .
Le haut-allemand a mieux maintenu sa substitution de ch ou A au ^ primitif et au /• gothique à l'intérieur et à la fin des mots. Ex. : iyio = ego, g. ik, ahall. ih, nhall. ich; vigilare, g. vakan, angl. wake, hall. wachen; sscr. juga = Çupv = jugum, g. Juk y angl. joke, hall, /ocA; sscr. y 7 marg (ôter en essuyant? extraire en pressant), gr. a^ep^w (sucer), â(jL£Xya) (téter, traire), g. mi/uks, angl. m/'/X-, hall. /rc/7c/z (lait)
§ 132. — K—Ch,H—G. La gutturale sourde du sanscrit A, R, ç y du grec x, du latin c, gr, devient ch ou A à l'étage gothique; quant à l'étage allemand, il ne s'écarte pas du gothique pour les initiales, et n'arrive que rarement dans les médiales et finales à la sonore g qui serait sa forme régulière. Ex. : sscr. kas=.quis, g. hvas, ahall. hver; sscr. y 7 kar = Y.çaw(û = creare, xpaxu; (fort), g. et hall. fofrc/(fort); xapSta = co/*, g. hairto, angl. heart, hall. fors; lat. collum, g. et hall. hais; YnCkw = cœlum y g. huis, ahall. hol; lat. curia (pour *cusia),%. et ahall. Ahj 1 , angl. house, nhall. //rïi&r; xw(jt.yi (village), g. hairns (village), angl. home, hall. fo/V/a (domicile); lat. capere, g. hafjan, ahall. heffun, nhall. heflen (attacher) ; xe<paV/), lat. caput, g. ft/f/*, angl. //mr/, ahall. haupit, nhall. haupU Pour les
mcdiaîes, le haut-allemand en est resté encore à 1 etage gothique dans iïéx<x. = dece//i, g. taihun, ahall. ze/ian. Au contraire il a monté régulièrement jusqu'au g dans les deux exemples suivants : sscr. y/ diç = àeucvupu = dicere, g. taihan, angl. teachj hall, zeigen (montrer); lat. tacere, g. thahan, ahall. dagôn (laire).
§ 133. — Gh 9 ^ — G — K. L'aspirée gutturale sanscrite g/i^rec -/, latin f,h, g, devientgà l'étagegothique clk (ou ci) à l'étage haut-allemand. Mais ici encore, dans les initiales, le haut-allemand moderne est souvent revenu à l'étage gothique, et il s'est mieux maintenu à l'intérieur et à la fin des mots. Ex. : sscr. yj ghar (briller, être heureux, être vif), d'où harjàmi (désirer), gr. yaipw (se réjouir), g. geiro (désir), angl. yearn (pour *gearn, désirer), ahall. kiri (désir), redevenu gier dans le nhall.; yokH (bile), lat. fel (fiel), anc. norrois galla, angl. gall, ahall. kalla, redevenu en nhall. galle (bile); joçToç = hortus } g.gards, angl. garden, ahall. Aarto, nhall. garten (jardin); sscr. hâsa (pour *ghâsa, oie), yvj'v, ags. gos, angl. goose, ahall. kans f nhall. gans. Au contraire, sscr. y/ lih (pour *ligh, lécher) =>,£i-/(i), lat. /ingère, g. laigun, s'est maintenu lecken dans l'allemand moderne.
Les labiales des langues germaniques se comportent comme les gutturales, quant à la substitution de la sourde et de l'aspirée primitives, mais non quant à celle de la sonore-.
§ 134. — P— F,V— /\/ ,/>'. La labiale sourde p du sanscrit, du grec et du latin, devient /' ou v à
l'étage gothique; et de même que pour la sourde gutturale, le haut-allemand en reste pour les initiales à l'étage gothique, et n'accomplit révolution du p primitif et du / gothique en b qu'à l'intérieur et à la fin de quelques mots. Ex. : sscr. panftan, éol. rapt-ra, g. fimfi ail gl- fivt % ahall. finf, nhall. fiïnf; lat. piscis, g. fisks, angl. fish, ahall* fisc, nhall. /?.sc// (poisson) ; sscr. padas = roào; = g. /itoj", angl. foot,
ahall. /woz, nhall. fuss (pied); sscr. paçu — pecus, g. faihu, ahall. nhall. weh (bétail); gr. 7rup,
ags. fyre, angl./?/'*?, ahall. /îw/v, nhall. feuer (feu) ; sscr. /?wrM = ro)u, lat. g. fiiu, ahall.
nhall. wW (beaucoup) ; ssc. parna (feuille), angl. fern (fougère), etc. Au contraire le haut-allemand achève la substitution dans les exemples suivants, nous citons seulement les plus sûrs : sscr. saptan = é^xa = septem, ags. seofon y angl. seven, g. (ici le gothique est du coté du haut-allemand) sibun, hall. sieben; sscr. upara, gr. Oirép, lat. super, g. ufar, angl. over, hall, ùber (sur); lat. aper (sanglierj, ags. eofor, hall, eber ; sscr. y/ svap (dormir), gr. urcvoç, lat. sopire, anc. norrois svefn, ags. svefan, anc. saxon sueban; lat. rapere, ags. rev//*, hall, rauben (piller).
§ 135. — BH, ? —B—P. L'aspirée labiale sanscrite M, gr. (p, lat. f, b, devient régulièrement b à l'étage gothique; à l'étage haut-allemand, elle passe le plus souvent en /; dans l'ancienne langue avec tendance au retour en b dans la moderne. Ex. : sscr. y/ bhû (devenir) = <pva> = fio, fui, ags. beon (être), angl. be % ahall. ih pim, nhall. ich bin (je suis) ; sscr. yj bhràg (briller), gr. ykéy<a, lat. fïagrare, g. bairht
[jj 136] CONSONNES EXPLOSIVES. 139
i clair), angl. bright, ahall.Perckta (la brillante, Berte, nom d'une déesse), nhall. pracht (éclat); sscr. yj bhar (porter) = yiç& = fero, g. bairan, angl. bear, ahall. pirôn, nhall. behren ; sscr. bhralar=yykrt\ç=fra ter, g. brôthar, angl. brother, ahall. pruodar, nhall. r/<?r sscr. ^ bhang (pour *bhrang> briser) = /fawigwv, g. brikan, angl. ftrcaA, ahall. prichôn, nhall. brechen (briser).
§ 136. — B — P — PH,t\ La sonore labiale sanscrite échappe presque complètement à la loi de substitution, et nous avons vu plus haut (§ 11 4) que c'est une des raisons qui o^t faitdouterde son existence à l'origine, des mots comme le gothique band reportant à un bh (^bhandh) plutôt qu'à un b (bandh) en sanscrit. En effet, si le b était primitif, la loi de substitution lui donnerait pour remplaçant un y; à l'étage gothique, un f à l'étage haut-allemand. Or ces lettres existent en effet dans ces deux familles de langues, mais elles semblent y échapper étymologiquement à toute loi fixe de substitution régulière.
Quant aux initiales, le p de l'étage gothique et le f correspondant du haut-allemand (écrit ph dans l'ancien haut-allemand et pf dans le moderne) ne se présentent que dans des mots, soit d'une origine obscure, comme le goth. puggs, ags. pocca 9 angl. pake (bourse, poche); ang\. plough, hn\\. pflug (charrue); soit d'une provenance étrangère récente comme l'angl. plant, hall, pflanze, du. latin planta; angh pipe, \\d\\, pfeife, de fistnla; angl. pea-cock, hall, pfau, de pavo; suédois pii f ha\\. pfeil (flèche), de pilum ; angl. parish, hall. pfarre, de parochia.
ii l 1 1 h >
Au milieu et à la fin des mots, la substitution est plus régulière, mais par rapport au grec et au latin seulement, ce qui conduit encore à conjecturer que la plupart des mots qui en sont l'objet résultent d'emprunts plus ou moins anciens. Ex. : xàwtx&ç, angl. hempfhaSL. /tarif (chanvre) ; ttcctoç (chemin, sscr. patha), angl. palh> hall, pfad; lat. lambere, labrum, angl. lap (lécher), lip (lèvre), ahall. leffan (lécher), nhall. lefze (lèvre) ; lat. labi (tomber, sscr. y] larnb), ags. limpian, angl. limp (boiter) ; lat. lubricus (glissant), g. sliupan, hall, schliipfen (glisser) ; lat. tribus (tribu), ags. t/iorp, hall, dorf (village); lat. slabulum^ anc. norrois stôpull, ahall +s tap ho l (viable). On trouvera un exemple de plus si Ton compare au latin ob le goth. iup, ags. et angl. up 9 hall. auf 1 .
Enfin la substitution est tout à fait irrégulière dans un certain nombre de mots, où se rencontrent le p gothique et le /"haut-allemand. Ex. : gkoltzziû (fouiller), donnant d'un côté goth. skaban, ahall. skapan, nhall. schaben (gratter), et de l'autre le hollandais schappen (épuiser), angl. scoop (écope). nhall. schôpfen (épuiser); dica<po; (barque), g. skip, angl. ship, hall. schiff ; lat. caupo (marchand), g. kaupôn (vendre) , angl. cheap (bon marché), ahall. choufarij nhall. kaufen (vendre); otcàov (armure), cp. g. ivepn, hall. ivaffen (armes); sscr. y/ grabh, g. greipan, hall. greifen (prendre).
Nous en tenant aux rapprochements incontestables, nous ne pousserons pas plus loin l'examen de ces
i . Le latin ob se rapporte seloiy toute probabilité au sanscrit abhiy lequel a fourni irrégulièrement aux langues germaniques le goth. uf $ angl. of, et le hall. où.
irrégularités. Elles suffisent pour montrer que la loi de substitution est en défaut sur la provenance du p gothique et du f haut-allemand qui en résulte. La cause n'en doit probablement pas être cherchée ailleurs que dans la nature incertaine du b primitif.
§ 137. — Sans tenir compte des irrégularités, résumons par un tableau la loi de substitution telle que nous venons de l'exposer.
DENTALES.