NASALES SANSCRITES
§ 142. — On se souvient que le sanscrit possède autant de nasales que de familles de consonnes, et de plus l'anusvâra auxiliaire, employé surtout à la fin des mots (v. § 59).
Parmi ces nasales, deux seulement, la dentale n et la labiale m, sont primitives. Les autres n'en sont que des transformations appelées par les lois euphoniques. La seule de ces lois à relever ici est celle qui veut que, lorsqu'une nasale précède immédiatement une autre consonne, la nasale s'accommode à l'organe (famille) de la consonne suivante. Une labiale ne peut-être précédée que d'un m, une dentale d'un n 9 une gutturale d'un n, une palatale d'un /£, une cérébrale d'un ri. Ainsi yj gam (aller) + suff. tum=gantum (ire). Cette accommodation s'applique très-rigoureusement à l'euphonie des mots entre eux. Ainsi tam + gagam (hune elephantum) devient tan gagam (ou ta gagam, avec l'anusvâra) etc. Cette accommodation va quel-
i . Le changement de n dental en n cérébral, quand la syllabe précédente contient r, r ou /, est une circonstance particulière au sanscrit et sans intérêt comparatif. Nous la notons seulement comme la cause la plus ordinaire de la présence de n dans les mots sanscrits.
quefois jusqu'à l'assimilation : tal labhaiai (ou ta labïiatai) pour tam+labhatai (hune adipiscitur) ; pàksàl lànati pour pàksàn + lûnati (alas abscindit) .
TV et m sont primitifs en sanscrit dans les mots où ils se trouvent, en dehors des permutations euphoniques. On trouvera quelques exceptions, par exemple si l'on admet la permutation de v en m, dans le suffixe participial en mant, mat qui serait pour vant, vat; et la permutation entre n et /*, dans jagyan (sacrificateur), féminin Jagvanï ou Jagvarï ; dans pïvan (gras), féminin pïvari, cp. irtwv, meipa 1 .