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NASALES GRECQUES

§ 143. — Le grec compte trois nasales : v, (x, et y qui acquiert une prononciation nasale quand il est à l'intérieur des mots devant une explosive gutturale (x, y, y), ainsi que le prouvent les transcriptions latines : A nchises = 'Ay^icnç; sphinx = c<pty£.

En initiales, le v et le p sont toujours primitifs et conformes aux n et m sanscrits. Ex. : u.7)T7ip == màtar ; vauç = nâus.

Pour les nasales médiales, le grec se conforme à la même loi d'accommodation euphonique que le sanscrit, ne souffrant que [/. devant les labiales, v devant les

4 . Cette permutation a lieu certainement entre le latin hominem, sanguinem, et l'espagnol hombre, sangre ; entre l'anglais London et le français Londres. Ici c'est la chute de la voyelle intermédiaire, qui a amené le changement de la nasale en une liquide plus aisée à joindre à l'explosive précédente. Le français a la permutation contraire dans morigéner , du latin morigerare.

dentales et y devant les gutturales. Mais il subit des altérations diverses dont nous noterons les plus importantes.

§ 144. — Entre o et ç, le v, qui ne marque qu'une nasalisation de la voyelle, est sujet à se transformer en u par compensation (voy. § 46). Ainsi les accusatifs pluriels masculins en ans du sanscrit védique sont devenus en grec ou; pour ovç : açvans (equos) a fait en grec tVirouç au lieu de *unrovç. Le dor. ^epovTi= sscr. bharanti s'est d'abord modifié en *<pÉpov<7i, cp. àtSwai pour *ài'<Wn = dadâti, et *<pepovct a fait le çépoudi de la langue classique. Le thème o^ovt-, d'où o^ovtqç (dentis), fait au nominatif singulier oSouç pour *6Sovt;. MetÇovo; (melioris) et (le^ove; (meliores) se contractent en ixet- £ouç; Atjtovo; (Latonœ) en Atitoù;. De même ev devant ç se transforme en diphthongue ei, par une compensation analogue pour la chute du v : -rtôetç (ponens) est pour *Tt8evT;, crétois Tt6evç.

Un phénomène tout semblable a lieu dans les langues germaniques. C'est une règle générale en anglosaxon 1 , que devant f, s et th, le n tombe. Ainsi, le gothique munths devient en anglo-saxon mud/i, anglais mouth (bouche) ; le sscr. danta (dent), goth. tunthus, devient l'ags. toth, angl. tooth; le sscr. antara (autre), hall, ander, goth. anther, devient en ags. et en anglais other. Le dialecte bas-allemand appelé plattdeutsch offre le même changement*. Le bail, gans

1. Max Mûller, Lectures on the se, of language^^ série, p. 215; Trad. fr.y t. I, p. 273.

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