EN GREC ET EN LATIN
§ 150. — Le r est primitif en sanscrit, sauf les cas où il provient d'un s, conformément aux règles de l'euphonie (§ 84) .
Il est sujet à s'affaiblir en /, comme le prouvent un certain nombre de racines en r et en /, qui ont exactement le même sens. Ex. : yf lih (lécher), védique n'A ; yj rabh, labh (agir, obtenir); yj lup, rup, lat. rumpere; yj ruk (briller), lauh (voir) ; yj lak, rak (goûter); yj variai (couvrir) ; ^ sar, sa l {aller, couler) ; y/pru, plu (aller, couler).
Comme les mots en / des langues congénères ramènent le plussouventà des mots sanscrits en r, M. Schleicher en a conclu avec vraisemblance 1 que, le domaine du r augmentant et celui du / diminuant à mesure qu'on remonte le courant des langues indo-européennes, /• seul probablement serait primitif et / n'en serait partout qu'un affaiblissement.
Le sanscrit ne souffre pas la gémination de r. Lorsqu'elle se rencontrerait, soit en composition, soit d'un mot à l'autre, il l'évite en faisant tomber le premier r, et en allongeant par compensation la voyelle précédente. Ainsi fiaksus+ ro matai (oculus gaudet), qui devrait donner selon l'euphonie *fiakïur ramulai, devient haksû ramatai.
§ 151. — Le grec n'a point de mots qui commencent réellement par un p. Le p d'apparence ini-