INTRODUCTION. XXII
second, qui est traité comme une particule enditique, reste invariable. C'est ce que nous trouvons, par exemple, dans le sanscrit kag-éit, kag-cana, dans le grec &-e, dans le latin s+-dem (pour 1s-dem), qui-dam, qui-cunque, hs, quss-que.
Ges trois sortes de composés représentent trois états successifs de la langue. On voit quelquefois un même pronom passer de l'un à l'autre. Le grec &de pouvait encore fléchir son second terme au temps d'Homère et d'Alcée, comme le prouvent le datif voisdeor et le génitif roydswr. Le latin sc déclinait anciennement les deux thèmes pronominaux dont il est composé, si nous en croyons la forme heice: conservée sur une inscription !. Ces mots nous montrent comment la vie grammaticale se retire peu à peu du second terme : privé de l'accent, ne faisant d’ailleurs que répéter les désinences du premier pronom, il perd une déclinaison qui paraît superflue, et il descend alors à l'état de simple enclitique.
À côté de ces formations, ï faut mentionner les irrégularités et les bizarreries du langage. On ne peut guère expliquer le latin 1s-te que comme un composé dont le premier membre est un nominatif masculin pétrifié ?. Tandis que le pronom ipse, au temps de Scipion l'Africain et de Plaute, fléchissait sa première partie et laissait la se-
À Inscriptiones Neapolitanæ de Mommsen, 588: : Protogenes Cloul. suaves heicei situs mimus.
Heicei est un locatif : 1l est devenu plus tard hic. Comparez Corssen, Auseprache, Vocahismus und Belonung der lateinischen Sprache (1"° édition), I, p. 271. [ Voyez toutefois a° édition, I, 599.]
* Voyez $ 343. [Une autre explication a été donnée par M. Louis Havet dans les Mémoires de la Société de linguistique, 1, p. 234.]