‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 13 sur 51 · LA RACINE ET LE THÈME VERBAL · texte numérisé non relu

LA RACINE ET LE THÈME VERBAL

Le verbe est la partie de nos idiomes la plus anciennement développée et celle où ils présentent les ressemblances les plus frappantes et le parallélisme le plus continu. La conjugaison est, en outre, une des deux pièces essentielles de notre mécanisme grammatical. On ne peut donc pas s'étonner que M. Bopp ait, de tout temps, montré pour l'étude du verbe une sorte de prédilection. H en avait fait le sujet de son premier écrit; il y a consacré plus du quart de sa Grammaire comparée. Ce sont, sauf quelques défaillances, les chapitres les plus remarquables de l'ouvrage : sur certains points, il ne reste rien à ajouter aux explications de notre auteur.

Réduit à sa forme la plus simple, le verbe se compose de deux racines juxtaposées : l’une attributive, comme ad «manger», bhd «bnller»; l'autre pronominale, comme ma «jen, ta «il». Soit que la seconde syllabe, étant dépourvue de l'accent tonique, ait pour cette raison affaibli sa voyelle, soit que nous ayons devant nous un thème secondaire?, mu est remplacé par mt et ta par 4. Ainsi ont été formés ad-m3 «je mange», bhd-# «il brille». Le verbe

! Après la Grammaire comparée, l'ouvrage qui a fait accomplir le plus de progrès à la théorie du verbe est le livre de M. George Curtius : La formation des temps et des modes en grec et en latin (Berlin, 1846). [ Une refonte de cet ouvrage a commencé de paraître en 1873 : Das Verbum der griechischen Sprache. En rapprocher : Delbrück, Das altindische Verbum,

* Voyez ci-dessus, p. xxxv.

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