‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 14 sur 51 · INTRODUCTION. XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXIX

présente donc la même combinaison de racines que le nom. On se rappelle, en effet, que les mots comme duc-s, £Ady-s renferment une racine attributive suivie d’une racine pronominale (sa). Mais le rapport entre les deux termes n'est pas le même : si nous appliquions à cette syntaxe intérieure les dénominations que l'analyse logique nous a rendues familières, nous dirions que dans duc-s le pronom démonstratif est construit en apposition avec l’idée de conducteur, tandis que dans bhd-4 le pronom est sujet et bhd attribut.

Tous les verbes ne présentent point une construction aussi simple, de même que tous les substantifs ne sont point des mots-racines !. Quand on considère des verbes comme dfdo-uev, deix-vu-per, ddu-va-uev, Qety-0o-uev, TUR-F0-pev, dax-vo-uev, Àau6-dvo-uev, et qu'on les compare aux racines do, dx, dau, Quy, rur, dax, Àa6, on s'assure que différentes syllabes peuvent s'insérer entre la désinence et la racine verbale, qui elle-même peut être redoublée, ou renforcée, ou nasalisée. Ces modifications donnent lieu à une distinction importante : celle de la racine et du thème verbal. À côté de @uy nous avons un thème @euyo ou @euye, à côté de À«6 on a Aa6avo ou Aau6ave, à côté de dau nous trouvons dauvn ou dauva, à côté de do l'on oblient &dw ou do. Tandis que la racine demeure toujours la même, le thème, c'est-à-dire la partie du verbe qui reste après qu'on a retranché Îles désinences personnelles, varie selon les temps, les modes, et mème quelquefois selon les personnes ?.

* Voyez S 111.

* A l'optatif, par exemple, nous avons pour thème @suyos, au subjonctif

xL INTRODUCTION.

Les modifications et insertions dont nous venons de parler n'ont pas lieu à tous les temps, mais seulement au présent et à l'imparfait. On est convenu d'appeler ces temps «les temps spéciaux», par opposition aux «temps généraux», où ces modifications et insertions manquent.

Les grammairiens indous ont divisé tous les verbes en dix classes, d'après la forme que prend le thème dans les temps spéciaux. Ainsi, pour donner une idée de cette division, les verbes qui, comme A7, @uy en grec, renforcent leur voyelle radicale et insèrent une voyelle devant les désinences (Agfm-o-pey, @evy-0-uev), composent la première classe; les verbes qui, comme ôp-vu-pev, deixvu-uev, intercalent la syllabe nu entre la désinence et la racine, ont été placés dans la cinquième classe; ceux qui prennent un redoublement, comme ride-pev, dido-uey, appartiennent à la troisième; ceux qui adjoignent immédiatement la désinence à la racine, comme ëèo-uév, Qauév, constituent la seconde. Il faut se reporter au premier volume de la Grammaire comparée ($ 109*) pour trouver le détail de cette classification, qui peut s'appliquer, avec de légers changements, à toutes les autres langues de la famille. Les modifications et insertions qui servent de critérium ont été nommées pour cette raison les caractéristiques des classes.

Notre auteur, en reproduisant cette division, se montre le disciple des Indous. Mais concurremment avec celle-ci, M. Bopp en établit une autre qui est son œuvre propre,

Pevyw ou Pevyn, à l'imparfait éQeuyo ou éPeuye, à l'aoriste éPuyo ou éQuye. Au présent singulier, nous avons à, au préscut pluriel ct duel d100,

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