XLIV INTRODUCTION
Mais il ne suflit point de tracer une classification : autant que possible il faut en indiquer le principe. Ici la théorie de Bopp ne va pas aussi loin qu'on pourrait le désirer. Pourquoi les verbes comme @evyw, rünlw, Àau- Édvw ne se conjuguent-ils pas comme eiud, ri0npu? Il est facile de constater que les premiers font précéder la désinence personnelle d’une voyelle o ou e (— sanscrit a), qui tantôt constitue à elle seule la caractéristique (Aéy-opev, Pép-e-ve), tantôt en est la partie finale (d4x-vo-uev, AavO-ave-re). C'est cette voyelle qui est l'occasion d'une partie des différences que nous avons signalées. Mais elle ne saurait les expliquer toutes, au moins en dernier ressort, et il est nécessaire de faire intervenir une autre cause, dont M. Bopp a généralement tenu trop peu de compte, savoir l'accentuation.
Pour ne pas allonger outre mesure cette exposition, nous dirons en peu de mots que les verbes de la seconde conjugaison disposent de l'accent tonique avec une certaine liberté, de sorte que nous le trouvons tantôt sur la désinence, tantôt sur l’une des syllabes du thème verbal. Nous avons, par exemple, en sanscrit, -m1 je vaisn et 1-mds « nous allons». Le changement de voyelle est le résultat de ce déplacement de l'accent, car il est dans la nature du langage de renforcer les syllabes qui reçoivent le ton et
taient entre les deux conjugaisons dans la période indo-européenne : à la troisième personne plurielle du moyen, les verbes de la première se terminent en anté, tandis que ceux de la seconde ont perdu le n et font até (comparez bharanté et dvishaté). Au participe moyen, les verbes de la première conjugaison prennent le suffixe mâna, tandis que ceux de la seconde ont dna. Le grec est resté étranger à ces distinctions : 11 a Gép-0-vrau et TÜbe-vrai, Pep-6-usvos et rié-uennc.