‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 19 sur 51 · INTRODUCTION. XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLV

d'affaiblir celles qui en sont privées. Au contraire, les verbes de la première conjugaison n'ont jamais l'accent sur la désinence : lo ou le (— sanscrit a) constitue une limite que l'accent tonique ne dépasse point. Aussi le thème reste-t-11 le même à toutes les personnes et ne subit-1 ni renforcement, ni affaiblissement. On ne peut guère douter que les verbes comme e%u ne soient d’une formation plus ancienne que les verbes comme @épw, et cette instabilité de l'accent est la marque d'une époque où l'union entre la désinence et la racine n’était pas encore également étroite à toutes les personnes.

Le grec ne présente plus qu'une image imparfaite de ces variations. Une loi générale a fait reculer l'accent sur la pénultième ou l'antépénultième; mais les effets de l’ancienne accentuation ont survécu. C'est pour cette raison que nous avons eku et iuev, delxvupu et delxyuuer, dauvnpu et dœuvaues!. Les différences qu'on remarque à loptatif sont dues également à la place autrefois occupée par l'accent tonique (comparez bhdréma « que nous portions » et duish-yd-ma « que nous haïssions »), et il est permis de conjecturer que tous les autres faits qui séparent les verbes de la première conjugaison de ceux de la seconde, se ramèneront, en dernière analyse, à la même cause.

C’est à M. Benfey qu'appartient le mérite d'avoir mis en lumière le rôle que l'accent tonique joue dans la conjugaison ?. Au temps où M. Bopp donna une forme défini-

* En sanscrit également, l'accent n'est pas resté partout à sa place primitive. Ainsi dédémi a avancé l'accent sur la syllabe réduplicative, tandis que bibhärmi a encore le ton sur la syllabe radicale.

* Voyez surtout sa Grammaire sanscrite abrégée.

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