‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 20 sur 51 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

tive à sa théorie du verbe, les lois de l’accentuation sanscrite étaient encore inconnues. Aussi attribue-t-il à des raisons d'équilibre les changements phoniques qu'on observe dans é-mi et :-mas, dans bi-bhär:mi et bi-bhri-mds. Mi est une « désinence légère», devant laquelle le thème verbal s se renforce; mas est une rdésinence pesante», devant laquelle bhar s’affaiblit. Mais si aux noms de désinences légères et pesantes on substitue ceux de «primitivement atones » et de « primitivement accentuées », les observations de notre auteur conservent toute leur justesse !.

S'il fallait une preuve nouvelle que les verbes en pu appartiennent à un âge plus reculé que les verbes en w, on la trouverait dans ce fait que ceux-ci envahissent peu à peu la place des autres. Déjà dans les Védas les verbes de la seconde conjugaison sont les moins nombreux; en grec, ils ne forment plus qu'un petit groupe; en lat, on ne peut guère citer que quelques formes, comme est, da-t, fer-t; il en est de même en gothique et en ancien slave, où nous avons, par exemple, ts-t «il est», slave jes-f (même sens)?. La première conjugaison, plus uniforme, plus facile, finit par évincer ou par absorber la seconde. Quand elle ne peut se substituer tout entière à l’autre, elle lui impose une partie de ses formes. Le verbe grec

* $ 480-493. On ne peut nier cependant que M. Bopp cherche à diminuer la part de l'accent; voyez. par exemple, la note dirigée contre Holtzmann ($ 604, remarque), où il dit en terminant qu'il regarde l’accentuation de fev comme plus ancienne que celle de imds. Notre auteur s'est! aussi quelque peu exposé en soutenant contre Diez que la différence qu'or remarque en français entre je tiens et nous lenons est due, non à l’accen! lonique, mais au poids des désinences ($ 511, remarque 2).

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