‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 21 sur 51 · INTRODUCTION. XLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLVII

deixvuus « montrer » appartient encore à la seconde conjugaison; mais il a déjà un subjonctif daxvvw et un optatil desxvvospu qui sont de la première !.

En établissant à côté des dix classes distinguées par les grammairiens indous sa division en deux conjugaisons principales, M. Bopp a donc eu le mérite de placer une classification historique en regard d'une division uniquement fondée sur l'analyse. Mais il est allé encore plus loin : il s'est demandé d'où provenaient ces éléments adventices comme a, ya, nu, nd, qui aux temps spéciaux viennent s'insérer entre la racine et la désinence, et il a réussi à montrer que ce problème, devant lequel un esprit moins intrépide aurait reculé, pouvait être résolu.

Nous avons vu plus haut que les verbes les plus simples se composent d'une racine attributive suivie d'une racine pronominale. Mais au lieu d'une racine comme bhar « porter », budh «savoir » dhrish « oser », le premier terme peut aussi bien être un thème, c'est-à-dire une racine combinée avec un suflixe, comme bhara « porteur », bédha «& intelligent, intelligence», dhrishnu «hardi». On aura alors des formes verbales telles que bhara-ti «il porte», bédha-ti «il sait», dhrishnu-mus r nous osons». Il en est de même en latin. Par exemple, la racine spak & voir» a donné le verbe specere (dans ad-spicere, con-spicere); mais de spec viennent aussi le thème spec-tù (nominatif spectus), qui a

! Tout récemment, M. Guillaume Scherer, dans un livre plein de vues hardies, a supposé que les verbes en w étaient les plus anciens. Il nous a été impossible de nous rendre aux raisons qu'il donne (Zur Geschichte der

deutschen Sprache, p. 173 et suiv.).

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