‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 22 sur 51 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

donné spectare, et le thème speculô (nominatif speculum), qui a fait speculanrs!.

Les grammairiens indous ont très-bien observé ces diverses formations; mais ils se proposaient de faire l'anatomie de leur langue, et ils ne songeaient nullement à en être les historiens. S'agit-il d'expliquer bhara-4, bédha-ti, dhrishnu-mas ? Ils supposent que la racine bhar a inséré un a devant la désinence (bhar-a-4), que la racine budh a fait de mème et qu'elle a, en outre, renforcé sa voyelle (bddh-a-u), que la racine dhrish a intercalé la syllabe nu devant sa flexion (dhrish-nu-mas). En un mot, ils attribuent au mécanisme de la conjugaison des syllabes et des modifications phoniques qui appartiennent au thème. C'est l'ordre systématique, cest l'extrême précision de la grammaire indienne qui nous font illusion; mais, au fond, l'erreur est la même que si nous disions que la racine spec peut se conjuguer en latin d'après trois classes différentes, et faire au présent de l'indicatif specto, specto ou speculor.

On peut objecter que spectére, speculâr gardent les syllabes t4, uld à tous les temps, au lieu que les caractéristiques sanscrites apparaissent seulement au présent et à l'imparfait. L'objection n'a pas manqué d'être faite : M. Pott?, partant de cette idée que le présent et l'impar-

* Si la conjugaison n'était alimentée qu'à l'aide des seules racines, le nombre des verbes serait extrêmement limité; mais grâce aux nombreux suffixes dont disposent nos idiomes, nous pouvons former une quantité indéfinie de thèmes, et à leur tour ces thèmes peuvent donner naissance à des verhes.

* Recherches étymologiques, 1° édit. [, p. 60; 2° édit. Il, p. 668.

INTRODUGTION. A üt sont destinés à marquer une action qui se prolonge, voulu voir dans les caractéristiques l'expression de da urée. Entre Sfesuyor et ëQuyov, entre éXduéavor et \a6ov, il y aurait done une différence originaire de gnification. Notre auteur répond à cette théorie par des tguments aussi nombreux que coneluants!. Comment roire que des signes si différents aient tous servi au ième usage ? H n'est pas exact de dire que le présent iarque la durée : c'est l'action qu'il exprime. Quant à la urée, elle est sous-entendue par l'esprit, si le sens gééral de la phrase ou si la nature intrinsèque de l'action tréclament. En sanscrit, il a toujours été impossible de écouvrir une différence de signification entre l'aoriste et imparfait. Il en est de même pour l'ancienne langue reeque? : la différence que certains auteurs plus moernes ont pu mettre entre érÜyxavor et Eruyov, entre Xerrov et Elurov, est le [ait d'un idiome cultivé et disipliné qui ne veut perdre aueun moyen de parler à l'esrit et qui ne veut laisser oisive aucune différence de irme.

D'où vient, cependant, que hors du présent et de l'imarfait les caractéristiques disparaissent, et que nous ne fs trouvions, par exemple, ni au futur, ni au parfait? LE Bopp fait remarquer que ces temps ont à porter déjà vit un verbe auxiliaire, soit un redoublement, et que le ingage a voulu éviter sans doute des formes trop peantes. aurait pu ajouter que nous trouvons encore

* Voyez $ 511, remarque 3.

* Voyez, sur ce sujet, l'article de M. Thurot, dans les Mémoires de la ocidié de linguistique de Paris, 1, p. 111.

in, L

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