INTRODUCTION. LUI
belles découvertes de M. Bopp. Aussi nous y arrêteronsnous un instant.
Dès son premier ouvrage, notre auteur reconnut l'identité du moyen sanscrit et grec, et il rattacha à la même formation les débris du passif gothique. Mais 11 n'était pas aussi facile de dire quelle était l'origine de cette série de désinences. Quand on les compare à celles de l'actif, on voit qu’à la plupart des personnes elles s'en distinguent seulement par un certain élargissement du son. Ainsi bharati «il porte» fait au moyen bharaté; Oépes (pour @épeos, qui lui-même est pour Pépers) fait au moyen Péperou. De même, le pluriel bharanti, en grec @épouor (pour Pépovor, Pépoyr:), correspond à un moyen bharanté, en grec Pépoyru. M. Bopp se contenta d’abord de faire remarquer le changement de l': en &. Un savant que nous avons déjà souvent cité, M. Pott, supposa que cet élargissement du son était peut-être destiné à représenter d'une manière symbolique l'action soufferte par le sujet'!. Le moindre inconvénient d'opinions de ce genre, qui reposent uniquement sur une impression, c'est de ne pouvoir être ni démontrées, ni réfutées. L'expérience a prouvé qu'en dehors de la dissection des formes grammaticales il n'y a point de progrès possible pour notre science.
La vraie solution fut présentée simultanément et d'une
façon indépendante par M. Bopp et par M. Adalbert Kuhn?,
* Recherches étymologiques, Il, p. 713. Cette explication est encore adoptée par M. George Curtius, dans son livre sur les temps et les modes (1846); mais il y a renoncé depuis.
* Bopp. dans sa Grammaire comparée, fascicule III (1837). Kuhn, dans sa thèse pour le doctorat, De conjugatione in px, linguæ sanscritæ ratione