‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 25 sur 51 · LIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LIV INTRODUCTION

Elle peut se résumer en ces termes : Les désinences du moyen contiennent deux fois le pronom personnel, une fois comme sujet, une autre fois comme régime. L’élargissement du son ainsi que la signification réfléchie ont leur raison d'être toute naturelle, du moment qu'on sait que bharaté est pour bharatat ou bharatdt?, et que Qéperas est pour @eperari. Mais, d'un autre côté, on conçoit aisément que le langage ait éprouvé le besoin d'alléger des formes aussi pesantes? : le procédé une fois trouvé, on l'abrégea le plus qu'on put et l'on chercha plutôt à le dissimuler qu'à l'accuser.

Toutes les désinences du moyen n'ont pas été analysées par M. Bopp avec un égal bonheur. Quelques-unes sont encore obscures aujourd'hui’. Au pluriel et au duel, où l'actif a déjà lui-même des flexions composées et contractées, il est diflicile de distinguer parmi ce conflit d'éléments pronomimaux quels sont ceux qui ont survécu.

habita (1837). Il est juste d'ajouter que Bopp avait préparé cette découverte par un passage de sa Grammatioa critica linguæ sanscriüæ (1833), $ 301°. — M. Kubn a de nouveau traité la question des désinences moyennes dans son Journal, XV, p. 4o1.

* Voyez $ 473.

* Les contractions sont surtout fréquentes lorsque deux syllabes consécutives commencent par la même lettre. C'est la raison qui a fait disparattre le redoublement dans la plupart des verbes latins et germaniques : on a, par exemple, cépi pour cecipt, hielt pour le gothique haïhald «je tins». De même xwuwäB4oxahos est pour xwuadodèéonalos, rérpayuov pour rerpéèpayuor, et en latin nutrir, stipendium pour nutritrir, stipipendium.

* Voir, sur ce sujet, l'article précité de M. Kuhn et un travail de M. Misteli dans le même volume du Journal. Il y faut joindre le mémoire déjà mentionné de M. Benfey : Ueber einige Pluralbildungen des indogermanischen Verbum, p. 39 et suiv.

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