‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 30 sur 51 · LI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LI INTRODUCTION

la valeur de cette supposition, l’auteur, pour la justifier, entre dans une série de considérations sur la nature nécessairement incomplète et imparfaite du langage, qui ne sauraient être assez méditées, et qui s'adressent autant au philosophe qu'au grammairien!. Puis, 1l donne de l'augment une seconde explication beaucoup moins cherchée que la première, et que les progrès faits depuis dans la connaissance de la langue sanscrite ont rendue de plus en plus probable.

Il faut, selon toute apparence, voir dans l'augment une particule signifiant «jadis, autrefois», qui, dans le principe, était indépendante, mais qui finit par faire corps avec le verbe. Cette particule a ou d provient sans doute du thème démonstratif a, que nous avons rencontré parmi les pronoms : abharat «il portait» vient donc de a ou d bharati «il porte autrefois». Les textes sanscrits nous présentent deux particules, sma et purd, qui sont restées indépendantes, et qui, construites avec un présent, lui donnent pareillement le sens du passé ?.

On vient de voir que c’est l’augment qui a fait prendre à l'imparfait et à l'aoriste les désinences secondaires. Ces désinences, à leur tour, rendirent l'augment moins nécessaire. Nous constatons, en effet, quil manque souvent dans la langue homérique, dans le dialecte védique et en zend.

* Voyez $ b37 et la Remarque au même paragraphe.

* Benfey, Kurze Sanskritgrammatik, $ 155. Sur la forme 4, que nous retrouvons dans ueAÂov, nôvvéums, voyez Kuhn, dans les Beiträge de Kubn et Schleicher, III, p. 463. En sanscrit, les particules d et ét existent à l'état indépendant; mais elles ont pris d'autres significations.

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