INTRODUCTION. LXI
L'augment se trouve à trois temps du verbe!. En s’ajoutant à la racine, 1l a donné l'aoriste second. En se plaçant devant le thème revêtu des caractéristiques, il a fourni limparfait. En venant se joindre à la racine combinée avec le verbe substantif, il donne naissance à l’aoriste premier. Ce dernier temps, quoique le plus récent des trois, existait dès la période aryenne, car nous le trouvons en sanscrit, en grec et en slave. Étant plus facile à former, il empiéte petit à petit sur l'aoriste second, et il a même fini, en grec moderne comme en slave, par prendre entièrement sa place?,
Le second signe dont se servirent nos idiomes pour marquer le prétérit, c'est le redoublement. Tandis que l'augment est un élément étranger qui est venu s'ajouter au verbe, le redoublement nest pas autre chose que la racine répétée. Toutefois, cette répétition n'a lieu d’une façon complète que dans un petit nombre de formes : par exemple aux aoristes grecs #yæyov, @pope, et aux aoristes sanscrits dididam «je priair (racine {d), dpipam ej'obtins » (racine ép)°. La plupart du temps, c'est seulement une partie de la racine qui figure dans le redouble-
‘IH nous reste un petit nombre d'exemples du plus-que-parfait sanserit. Voyez Benfey, À practical grammar of the sanskrit language, à° édition (Londres, 1868). $ 186.
* Plus nos idiomes ont conservé le libre maniement de leurs racines, plus ils ont de facililé à créer des aoristes seconds. Le dialecte védique comple un plus grand nombre de ces formes que le sanscrit classique (Kubhn, dans son Journal, XVIII, p. 378 et suiv.). Sur les restes de ce temps conservés en ancien slave, voyez $ 574 et suiv.
* Dans ces aoristes, nous avons tout à la fois le redoublement et l'augment. Voyez $ 584 et suiv.