‹ Grammaire comparée des langues indo-européennesChapitre 32 sur 51 · LXI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXI INTRODUCTION

ment : #44 « pousser », bhar « porter», sth4 « être debout», au lieu de faire au parfait tud-t6d-a, bhar-bhdr-a, sthasthdu, ont donné tu-téd-a, ba-bhdr-a, ta-sth4u!. Tous nos idiomes n'ont pas simplifié le redoublement de la même manière; quelquefois des dialectes voisins, comme le latin et le grec, le sanscrit et le zend, le gothique et le vieux haut-allemand, présentent à cet égard des différences sensibles ?. Mais partout nous voyons le même effort pour dissimuler et pour atténuer ce que le redoublement en lui-même avait d'un peu surabondant et d'un peu lourd.

H ne faudrait point croire que le redoublement ait eu, dans le principe, une signification très-nettement définie. Moyen d'imitation, procédé instinctif qu'on trouve dans toutes les familles de langues, il pouvait marquer la fréquence ou le-surcroît d'énergie de l'action : c'est le rôle qu'il a dans les intensifs sanscrits et dans les verbes grecs comme yapyaipw, papuaipw, BauSaive. D'autres fois, il a servi à marquer le désir : aussi le voyons-nous figurer au désidératif sanscrit et send. Quelquefois les verbes prennent le redoublement au présent et à l'imparfait sans que la signification soit pour cela sensiblement modifiée : rappelons seulement les verbes sanscrits de la troisième classe, comme dadämi « je donne», bbharmi « je porte», et en grec dupe, xéypnps. Le langage, en se fixant, attribua

‘ Certaines formes védiques comme dédriçeus (racine darç) eils virent», dâdhära (racine dhar) ril soutint>, où la syllabe réduplicative est longue, sont peut-être le reste d'une période où l’on disait dardricus, dardhdra. Voyez Benfey, Grammaire sanscrite développée, page 373, note 8, et Kubn, dans son Journal, XVIII, p. 410.

* Voyez $ 589 et suiv.

INTRODUCTION. LXHI

un usage constant et distinct à ce signe d'abord facuitatif et indéterminé. Tous les verbes, à un certain temps de leur conjugaison, prirent le redoublement, qui marqua l'accomplissement de l'action.

Le prétérit redoublé ou parfait est un des chapitres les plus difficiles de la grammaire de nos idiomes. M. Bopp, admirable sur le prétérit germanique, a présenté au sujet du parfait grec et latin des vues assez peu exactes. Nous nous y arrèterons donc un instant, moins pour mettre en avant de nouvelles explications, que pour essayer d'introduire un certain ordre parmi les faits à étudier.

Le parfait grec offre la trace de nombreux remaniements. Les formes les plus anciennes sont très-probablement celles où la voyelle radicale change, selon qu'elle est suivie des désinences du singulier ou de celles du pluriel et du duel. Tel est, par exemple, le parfait olôa, qui fait au pluriel iôuev. Nous avons aussi éoixa qui fait au duel &ixrov. Comme on le voit, le pluriel et le duel joignent immédiatement les désinences à la racine. Cette jonction immédiate a subsisté à toutes les personnes du moyen : Aédeyuu, yeypauueba, AéAuooy. En second lieu, nous trouvons des formes actives qui gardent partout leur & et qui ont aux trois nombres la même voyelle ou diphthongue radicale. Tels sont : réroxa, reréxauey, méPevya, meQevyarov. Troisièmement, certains verbes aspirent la consonne devant l'&. Ainsi œAëxe fait wémhsya, Aéyo fait eAoya, rpémw fait rérpoPa. Quatrièmement, et ce sont selon toute vraisemblance les formes les plus récentes, un x est inséré devant l'«; exemples : Aëluxa, ÉPÜapxa, meplAnxa. |

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