LXIV INTRODUCTION
H n’est pas impossible d'entrevoir la cause de ces remaniements. « C’est un fait qu'il faut avoir présent à l'eseprit, dit Guillaume de Humboldt, que l'idée, pour se « manifester, a toujours une difficulté à surmonter : cette « difficulté, c’est le son, et la lutte n'est pas toujours heu- «reuse au même degré.» Au prétérit redoublé, la difficulté dont parle Guillaume de Humboldt provient du redoublement. Quoique nos idiomes aient cherché à l'alléger le plus quil leur était possible, le poids de cette syllabe nouvelle était trop grand pour qu'à la partie opposée du mot la flexion ne s'en ressentit pas. IL fallut, pour l’empêcher de tomber, le secours d'une voyelle de liaison a, et c'est sans doute au singulier, dont les désinences, dépourvues de l'accent tonique, étaicnt le plus menacées, que cette voyelle s'introduisit d'abord. Au contraire, le moyen, dont les désinences portaient primitivement l'accent, n'eut jamais besoin de cet appui. Nous ne pouvons donc approuver M. Bopp quand il suppose que réruwlos a supprimé un à (rervmaræu), ni quand il admet la même suppression dans W-pev, ëix-Tov, ou quand il penche à croire que le changement de voyelle dans olôa, fôuev n'est point primitif !.
L'âge relativement moderne des parfaits comme wémhexa, ÉPÜapxa ressort déjà de cutte circonstance que dans Homère ils sont encore d'une extrême rareté?. Ces formes, jusqu à présent, n'ont point trouvé d'explication
1 Voyez $$ 609, 611, 615. — Sur toute cette question, voyez Curtius, Les Temps et les modes, p. 190 ct suiv. [ Das Verbum, p. 34.]
1 Selon Curtius, dix-nenf parfaits en xa, aucun parfait à aspiration. Ibidem, p. 196 et 200.